Protection des mineurs à géométrie variable

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Entre un enfant sans famille et un enfant temporairement éloigné de ses parents, lequel a le plus besoin d’aide? J’aurais tendance à dire qu’il est impossible de le savoir. Chaque enfant a ses propres malheurs, tout comme sa propre aptitude à la résilience. Pourtant, dans ce canton, il est établi qu’un migrant mineur non accompagné requiert moins de travail qu’un enfant sorti de sa famille par le Service de protection de la jeunesse (SPJ). C’est un fait, les enfants arrivés seuls en Suisse sont hébergés dans des foyers de l’EVAM où le nombre d’éducateurs est plus faible que dans un foyer du SPJ. Les explications fournies sont claires et assumées. Elles s’appuient sur des lois. Tout semble logique, cohérent. Mais lorsqu’on écoute ceux qui œuvrent quotidiennement aux côtés de ces jeunes migrants, on ne peut pas s’empêcher de penser que le système comporte une faille.


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Les éducateurs le disent: bien s’en sortir au moment d’achever un parcours en foyer EVAM relève du «miracle». Le constat a quelque chose d’inquiétant. L’encadrement de ces professionnels, souvent sous pression, est fondamental. S’ils disent que leurs conditions de travail ne sont pas à la hauteur, pourquoi ne pas les croire? Ce sont les enfants, avant tout, qui payeront le prix de trop d’économies. Parce qu’ils n’ont que le foyer pour maison, qu’un curateur et des éducateurs pour famille. L’immense majorité d’entre eux restera ici, avec pour seul bagage celui que l’EVAM leur aura permis de constituer. Venus de loin, ces enfants migrants feront de la Suisse leur pays. Peut-on dès lors vraiment se permettre de ne pas investir toute l’énergie et les moyens nécessaires à leur développement? Peut-on compter uniquement sur des miracles? Pour le moment, ce système à géométrie variable est invisible aux yeux du bon citoyen. Mais une fois lâchés dans la nature, ces jeunes porteront leurs malheurs en eux. Avec quelles conséquences? Qu’on considère qu’ils doivent faire partie de cette société ou non n’est pas la question. Ils sont là. Il serait temps qu’ils soient traités comme des enfants, avant d’être traités comme des migrants.

Créé: 13.03.2018, 21h55

Cindy Mendicino, politique lausannoise

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