La redevance ou ce que l’on doit à la démocratie

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«No Billag» rallume une récente et récurrente polémique fédérale. Depuis peu, le droit d’initiative ne se contente plus d’alimenter le débat général, mais remporte de curieuses victoires populaires, créant souvent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent. De soupape démocratique de peu d’efficience, cette particularité politique suisse s’est transformée en instrument de déstabilisation, portant des textes inutiles, encombrants, voire inapplicables. De l’initiative sur les minarets, anecdotique si ce n’est ridicule, à celle sur l’immigration de masse, compliquant la voie bilatérale avec l’Europe sans atteindre ses buts, les difficultés de mise en œuvre, voire les petits arrangements avec les changements constitutionnels, n’ont pas manqué.

Désormais, «No Billag» est sur les rangs, déchaînant les passions de tous bords. Étrange dans un pays réputé pragmatique comme la Suisse. Car l’initiative contre la redevance semble surtout animée par des motifs idéologiques. Sommairement: l’alliance objective des néolibéraux et des populistes cherche à abattre un supposé nid de gauchistes. Restons concrets. La SSR ne peut se laisser réduire à un tel affrontement. Car une part immense de son activité relève de la culture, des cultures du pays, de ses folklores même, et participe ainsi pleinement à la cohésion nationale, entendue comme un dialogue entre régions linguistiques mais aussi comme une plate-forme pour exister face aux géants qui nous entourent.

Que le service public doive évoluer, s’adapter à l’époque et mieux définir son aire d’empiétement économique – avec la presse écrite, par exemple! –, c’est probable. C’est même souhaitable. Mais, dans notre petit pays si riche, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Surtout, n’envisageons pas le jeu politique comme une extension des réseaux sociaux où gouvernent l’humeur du moment, le «like» vite oublié et le «troll» très anonyme. La démocratie directe, emblème helvétique, ne saurait devenir un jouet d’irresponsabilité citoyenne. Pour ce qui est de mettre le feu, une série TV (ou la diffusion d’un concert de Johnny) fera l’affaire. (24 heures)

Créé: 08.01.2018, 07h45

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Boris Senff, rubrique Culture

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