Le rendez-vous de la dernière chance

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Bien sûr que l’on va vibrer, compter les centièmes, estimer les centimètres, hurler de joie ou de dépit. Certain aussi que l’on s’arrêtera de manger ou de boire, le souffle court le temps que nos champions et championnes ficellent leurs exploits. Parce que les Jeux olympiques sont une compétition à part. Et parce que l’hiver – c’est dans nos gènes – est par tradition le royaume de nos héros.

La Suisse débarque à PyeongChang avec des ambitions et du caractère. Sa délégation est forte de 170 athlètes. Un record. Il y a des vieux loups, qui connaissent le goût de l’or, et des plus jeunes aux dents longues qui ne rêvent que de lumière. Une combinaison prometteuse, une vraie chance, dont il faut se réjouir sans retenue. C’est ce que nous ferons durant presque trois semaines.

Néanmoins, la glisse et la glace ne seront pas tout. Pour la Suisse romande, ces JO, bien qu’à 9000 kilomètres, auront un autre attrait, bien éloigné des résultats sportifs. En fait, ce sera l’occasion de jauger notre envie d’accueillir des JO d’hiver. Une sorte de test grandeur nature, au moment où la campagne pour les JO 2026 connaît ses premiers soubresauts. Derrière les écrans de télévision, les débats seront animés, les questions fondamentales.

«Les Suisses voudront juger si la démesure peut réellement être combattue»

D’abord, il y a celle de l’envergure d’un événement que le CIO promet à taille humaine. Devenus trop gros, les JO font peur. En Corée du Sud, les Suisses voudront juger si la démesure peut réellement être combattue. Ils veulent voir avant de croire, et c’est normal.

Ensuite, il y a celle de la crédibilité de l’institution olympique. Car s’engager dans une telle aventure, c’est aussi et surtout une question de confiance. Le vrai défi se situe peut-être bien à ce niveau. Miné par les histoires de corruption et le fiasco de la lutte antidopage, empêtré dans les tensions politiques, le CIO ne semble plus faire face. Son discours ne convainc plus, et pas seulement en Suisse. Pire: l’institution ne parvient pas à étouffer les crises et les dissensions qui naissent dans ses plus hautes sphères.

À PyeongChang, la délégation helvétique espère décrocher au moins onze médailles. Un objectif enthousiasmant. Mais en réalité, l’enjeu va largement dépasser ces quelques grammes de métaux précieux. Pour la Suisse et l’organisation des JO, il s’agit du rendez-vous de la dernière chance. (24 heures)

Créé: 06.02.2018, 23h31

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