Renoncer au respect est un mal nécessaire

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Souvenez-vous du malaise provoqué par deux écoliers musulmans qui refusaient de serrer la main de leur enseignante. C’était à Therwil (BL) en 2016. La dispense accordée par la direction scolaire avait soulevé un tollé dans toute la Suisse. Les deux élèves avaient alors écopé d’une sanction, mais leurs parents s’étaient battus jusqu’au bout pour la faire annuler. En invoquant des motifs religieux.


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Le contexte est tout autre aujourd’hui, mais le sentiment de gêne resurgit. Les autorités sanitaires fédérales recommandent à tous les habitants du pays d’éviter les poignées de main, afin de limiter la propagation du coronavirus. Autrement dit, on nous conseille de renoncer à un geste ancré en chacun de nous, dès l’enfance, comme un signe élémentaire de politesse.

Cette mesure n’a l’air de rien, mais elle marque un tournant symbolique dans le traitement de la crise sanitaire actuelle. Tout à coup, ce sont nos habitudes qu’il faut changer. Déprogrammer un réflexe élémentaire de la vie quotidienne. Et ce n’est pas facile. À l’image des élus fédéraux qui se retrouvaient lundi à Berne pour l’ouverture de la session parlementaire, chacun peut se rendre compte de l’inconfort de la situation. Refuser de serrer une main qu’on vous tend, c’est faire preuve d’irrespect.

«Un lavage correct des mains réduit quasiment à zéro le risque de contamination»

Fallait-il vraiment aller jusque-là? On imagine mal le très sérieux Office fédéral de la santé publique édicter une telle directive à la légère. Il l’a fait en s’appuyant sur des chiffres incontestables. Les virus et autres bactéries étant partout à portée de main, pas moins de 80% des maladies infectieuses se transmettent à notre insu de cette manière. Or un lavage correct des mains réduit quasiment à zéro le risque de contamination par ce biais.

Le coronavirus met ainsi en lumière une réalité toute bête et assez perturbante: notre hygiène quotidienne est insuffisante pour résister aux maux qui nous guettent. Pour lutter contre cette épidémie et celles qui suivront, rien ne vaut l’usage régulier du savon et du désinfectant. Tout comme la poignée de main, ce doit être un réflexe naturel à acquérir dès son plus jeune âge et à entretenir tout au long de sa vie. En politique de santé publique, dans le rapport coût-bénéfice, difficile de faire mieux.

Créé: 02.03.2020, 21h33

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