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Une répartition peu commune de l’argent

Cela fait bientôt vingt ans que Pascal Broulis agite ses deux mains pour nous expliquer que «la main des impôts finance la main des prestations». Mais la formule du chef du Département des finances ne reflète pas exactement la réalité vaudoise. La manne fiscale prélevée n’est pas entièrement consacrée aux prestations que doivent fournir le Canton et les Communes. Une partie est thésaurisée dans les caisses de l’État de Vaud.

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Sur les dix dernières années, le Canton a dégagé en moyenne un excédent de 650 millions par exercice comptable. Durant le même laps de temps, les dettes des Communes ont augmenté de 30%. Lors du dernier débat budgétaire au Grand Conseil, le député Didier Lohri a calculé que 528'000 Vaudois (sur un peu plus de 800'000) vivent dans une commune en «insuffisance financière». Ces collectivités publiques ont pourtant aussi des missions à remplir: accueil de jour des enfants, bâtiments scolaires, STEP, routes, sécurité, etc.

L’argent public est là, sans toutefois être toujours au bon endroit. Une situation peu compréhensible pour le contribuable vaudois, qui reçoit une seule facture pour les impôts communaux et cantonaux. Un contribuable lourdement taxé en comparaison intercantonale.

«528'000 Vaudois vivent dans une commune en «insuffisance financière»

Les négociations État-Communes sur la répartition des charges et des moyens sont chaotiques depuis des années. Chacun défend son pré carré sans forcément percevoir l’intérêt général des Vaudois. D’ailleurs, la dernière grande bascule de la facture sociale relève plus d’une décision imposée par le Grand Conseil que d’un accord négocié. Au début du siècle, les Communes ont été priées de venir en aide à un Canton en proie à des difficultés financières. Compte tenu de la situation actuelle, le parlement pourrait prendre ses responsabilités. Mais jusqu’à maintenant il est resté inféodé au Conseil d’État.

Alors, en avril, à l’occasion de la présentation des comptes 2019 de l’État, il n’y aura pas lieu de pavoiser devant un excédent enrobé dans les écritures de bouclement. Ces centaines de millions de bénéfices viendront simplement nous rappeler que la mauvaise répartition des deniers publics entre le Canton et les Communes coûte cher aux Vaudois.

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