Faire revenir les revenants du djihad

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Le groupe État islamique était vaincu. Le président des États-Unis avait lui-même annoncé ce printemps que l’organisation terroriste avait été défaite en Syrie et en Irak. La mission avait été accomplie. Les troupes occidentales - américaines en tête - pouvaient rentrer à la maison. Beaucoup prédisaient que l’EI concentrerait ensuite ses efforts pour frapper l’Europe, y semer la mort à large échelle, prouver que, même privé de territoire, il restait un redoutable adversaire. Rien de tout cela. Daech existe toujours, et il a choisi le Sri Lanka pour le faire savoir.

Bien sûr, la revendication diffusée mardi ne signifie pas nécessairement que l’EI ait organisé et coordonné ces attaques. Il recourt plutôt à une méthode éprouvée en appelant des groupuscules locaux à passer à l’action en son nom.


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Viser le Sri Lanka, sa petite communauté chrétienne et ses touristes occidentaux avait pour avantage de surprendre le monde entier. Le pays était une cible d’autant plus facile qu’il est en proie à une profonde crise politique compromettant le bon fonctionnement des institutions. Plusieurs services de renseignement étrangers avaient alerté les autorités sri-lankaises de l’imminence de l’attaque, l’information n’est jamais parvenue jusqu’au sommet de l’État.

L’Europe dispose certes de gouvernements plus fonctionnels et de moyens de lutte anti-terroriste bien plus importants. Il n’en demeure pas moins qu’elle est en première ligne. Elle compte des individus radicalisés sur son propre sol, et, face à ceux qui sont partis, elle se bat avec un bras attaché dans le dos.

De nombreux pays dont la Suisse refusent toujours de rapatrier leurs ressortissants ayant pris part au djihad. La question est politiquement sensible. Faire rentrer ces hommes et ces femmes, c’est s’exposer à l’incompréhension de beaucoup de citoyens, sans garantie que la procédure judiciaire aboutisse à une condamnation.

À l’inverse, les laisser croupir sous une supervision toute relative dans le désert syrien, c’est prendre le risque qu’ils parviennent un jour à regagner l’Europe pour tuer. Prévenir cela passe par une décision courageuse de nos gouvernants, celle de faire revenir les revenants pour les surveiller et les punir. (24 heures)

Créé: 23.04.2019, 21h02

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