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Risque viral d’une lutte de classes

«Et pourtant il faut vivre ou survivre, sans poème, sans blesser ceux qu’on aime, être heureux, malheureux, vivre seul ou même à deux.» Les nostalgiques auront reconnu. Petit bijou majeur en sol mineur sur l’album «Vendeurs de larmes» en 1982. Et si dans ma tête résonne la chanson de Balavoine, dans mon cœur, ça bat le blé aussi. Comme une petite odeur récurrente d’argent et d’inégalité entre ceux qui bossent, ceux qui doivent bosser, ceux qui aimeraient bosser et ceux qui ne le peuvent pas.

J’imagine mon père s’il avait encore sa petite entreprise d’artiste bitumier. Devrait-il, au nom de la sécurité routière, continuer à se lever sur les coups de 5 heures du mat’ pour aller tracer des lignes et éviter des accidents? Et scruter le ciel pour espérer qu’il ne pleuve pas. Ou le petit indépendant qu’il était serait-il condamné à fermer boutique, à mettre ses deux employés au chômage technique, à espérer que la manne fédérale et cantonale des crédits relais tombe au plus vite?

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Sur la route, j’y étais encore hier. À l’entrée d’un village, un panneau désormais anachronique demandait aux automobilistes traversant la localité de s’arrêter dans les commerces. Ils ont pourtant bel et bien tous portes closes. Alors que certains petits patrons rêveraient de les maintenir ouvertes. Par contre, l’ouvrier d’usine, l’employé de supermarché, le travailleur social, a-t-il vraiment envie d’aller travailler? Et pourtant, il y est bel et bien parfois contraint contre sa volonté.

Dans ces semaines qui s’annoncent, il y a le risque d’une société à deux vitesses. Avec ceux qui pourront résister au choc, aussi bien physiquement que financièrement. Et ceux qui ne le pourront pas, parce qu’ils n’auront pas eu les moyens de faire autrement que de servir les autres ou de mettre la clé sous le paillasson.

«Dans ces semaines qui s’annoncent, il y a le risque d’une société à deux vitesses»

Il va donc falloir vite affiner l’état de nécessité. La mise en place annoncée des mesures d’urgence pour l’économie de proximité est indispensable. Mais il faut aussi ne laisser au front que ceux qui le doivent vraiment. En les entourant de toutes les mesures de protection. Parce qu’ils sont aussi des héros quotidiens. #stayathomesafely tweete-t-on dans les chaumières. Encore faut-il le pouvoir.

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