Rouge, noir, échec et Totomat

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

En tant que Vaudois amoureux de Neuchâtel, je n’ai certainement pas de conseils à donner à Christian Binggeli. Tout le monde sait – et cela fait même partie du story telling, comme on dit dans le milieu – que l’entrepreneur d’Échandens, président souriant et équipementier de cabinets dentaires, a sauvé les Rouge et Noir sans avoir les canines qui rayaient le parquet. On aurait préféré citer Stendhal plutôt que Jeanne Mas, mais le destin de ceux de la Maladière est ces temps-ci plus proche du disque rayé d’un vieux tube à succès des années huitante que d’un chef-d’œuvre romanesque. Donc, si Michel Decastel avait brisé le silence pour commenter son renvoi, il aurait plutôt dit: «Si l’on m’avait conseillé, J’aurais commis moins d’erreurs, J’aurais su me rassurer, Toutes les fois que j’ai eu peur» plutôt que «Je ne vous demande aucune grâce. Je ne me fais point illusion, la mort m’attend: elle sera juste.»

«Comme quoi, ni les leçons magistrales ni les potions magiques ne suffisent pour durer plus que plus dans l’élite»

Juste, la décapitation du placide coach? On ne saurait trop le dire. Christian Binggeli, comme nous le rappelait pourtant lematin.ch, a trop souvent promis, juré, craché à plusieurs reprises devant témoins médiatiques et dans presque toutes les langues confédérales qu’il ne mettrait jamais son employé à la porte. Allant du «Je ne le licencierai jamais» au «Ich würde ihn niemals fortschicken, versprochen» en passant par un ironique «On a récemment vu ailleurs en Suisse romande que virer un coach n’était du reste pas toujours synonyme de victoire», en référence à Tourbillon où la fameuse loi du Totomat est chère à l’autre Christian, Constantin. Avant de copier son voisin valaisan. Comment, finalement, il pourrait en être autrement?

Si l’on revient sur le cas de Xamax, c’est que cette saison 2018-2019 aura été rude pour la fidélité sur le long terme des mariages entre entraîneurs et clubs d’élite. Marquant la rupture avec les exceptions confirmant la règle du mercato licenciateur. Exit Arsène Wenger, dit «le professeur», qui fricotait avec les canonniers d’Arsenal en affichant 22 ans de bons et loyaux boulets (euh services) au compteur. Même longévité, même sort plus proche de chez nous. Avec la fin d’une idylle que l’on croyait éternelle entre le Hockey Club Davos et Arno Del Curto, surnommé «le druide». Comme quoi, ni les leçons magistrales ni les potions magiques ne suffisent pour durer plus que plus dans l’élite. La loi du sport, la loi du marché. (24 heures)

Créé: 08.02.2019, 23h22

Articles en relation

Henchoz doit transformer Xamax en commando

Football Faisant fi de ses sentiments, Christian Binggeli détaille pourquoi il a limogé Decastel et ce qu’il attend de son successeur. Plus...

Claude Ansemoz, rédacteur en chef

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.