Le silence coupable de l’économie

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Les milieux économiques sont inquiets. Et ils ont raison. La politique extérieure de la Suisse est en panne, menacée par une impasse bilatérale avec l’Europe et la montée du protectionnisme intérieur. En bons élèves, respectueux des institutions, ils appellent à l’aide le Conseil fédéral et la diplomatie. Là où cela devient problématique, c’est l’absence de courage politique dont ils font preuve. À aucun moment de leurs discours, tenus jeudi à Berne, tant EconomieSuisse que les associations de banquiers n’ont mentionné les vrais responsables, à savoir l’UDC et son bras économique, l’USAM. En appelant aujourd’hui à l’aide la diplomatie, ils découvrent que nos relations avec l’espace économique européen ne se résument pas à des questions techniques d’accès au marché ou d’équivalence normative. Nous entrons dans une phase politique qui exige un brin de franchise et de clarté dans les propos. La poursuite de la voie bilatérale à laquelle ils aspirent a été considérée comme acquise et extensible à d’autres domaines. C’était jusqu’ici une voie de contournement efficace et discrète à une intégration de plus en plus forte dans l’Union européenne. Mais, à l’évidence, cette route est aujourd’hui de plus en plus étroite et quasi suspendue depuis que les Britanniques ont décidé, eux aussi, de négocier un accord de libre-échange sur mesure avec l’Union européenne.


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«Nous entrons dans une phase qui exige un brin de franchise et de clarté dans les propos»

L’appel des milieux économiques à une diplomatie plus vigoureuse pour sauvegarder nos intérêts dans un monde de plus en plus tenté par le protectionnisme est légitime. Mais sans réel effet, tant que les milieux économiques refuseront d’aborder de front les questions qui les divisent et les affaiblissent. Avec l’UDC et l’USAM, ils forment une coalition, un lobby puissant lorsqu’il s’agit de s’opposer à de nouvelles taxes ou impôts. Mais cette même coalition n’est plus crédible ni écoutée quand deux de ses membres combattent l’essence même d’une relation bilatérale avec l’UE ou l’ouverture à davantage de concurrence sur le marché intérieur. En gardant le silence sur les vrais responsables de l’impasse, les milieux économiques fuient leurs responsabilités. C’est idiot et de bien mauvais augure pour de futures négociations. (24 heures)

Créé: 18.01.2018, 19h10

Pierre Veya, chef de la rubrique Economie

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