Ne pas sous-estimer la révolution électrique

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«Dès 2030, la hausse des ventes de véhicules électriques fera stagner, voire baisser la demande en carburants fossiles.» Ces propos tenus à New York en avril dernier ne sont pas sortis de la bouche d’un écologiste militant, ni d’un vendeur de voitures électriques. C’est Joel Couse, chef économiste du géant pétrolier Total, qui fait ce pari.

De son côté, l’agence d’information financière Bloomberg estime entre 35% et 47% la part des véhicules électriques d’ici vingt ans.

D’autres économistes avancent des chiffres plus mesurés. Ils s’interrogent notamment sur l’impact des technologies hybrides et la poursuite du perfectionnement des moteurs thermiques, qui rendrait le comparatif énergétique global avec le véhicule électrique moins défavorable pour les techniques dérivées du pétrole.

Interviewé dans ce journal sur l’avenir des stations-service, le patron de BP Suisse relativise la percée de l’électrique dans la mobilité suisse et mondiale. Il a raison de rappeler que sa part reste faible et que cette révolution prendra du temps. Les voitures au diesel ou à essence avaleront encore des millions de kilomètres avant de céder leur place.

Mais le temps s’accélère, et les révolutions charrient avec elles des mutations insaisissables. Les téléphones intelligents n’ont pas uniquement relégué leurs cousins fixes aux oubliettes. Ils bousculent des secteurs entiers de l’économie: l’argent papier, la presse, la musique, la photo, la topographie, la liste est longue.

La révolution électrique va provoquer des séismes semblables. Car elle s’accompagnera d’autres changements qui lui sont liés: moins de pièces à réviser ou à changer, moins d’acier pour alléger les véhicules, moins de carrossiers parce que moins d’accidents grâce à la conduite semi-autonome et à la sophistication des aides à la conduite, plus de demande en métaux précieux. Et pour l’approvisionnement en énergie, un maillage plus dense et plus individualisé. Et quand on sait que les deux premiers constructeurs mondiaux de véhicules (VW et Toyota) font de cette conversion leur premier objectif, on comprend que le pli est irréversible. (24 heures)

Créé: 11.10.2017, 21h27

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