Qui se souvient de Daimler- Chrysler?

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La saison des grands mariages est donc ouverte sur la planète automobile. Au début du mois, le Salon de l’auto bruissait de rumeurs. Mais de quoi ont donc parlé à Genève le patron de Peugeot-Citroën-Opel – Carlos Tavares, nouvelle coqueluche du secteur – et Michael Manley, président du groupe Fiat-Chrysler depuis la disparition brutale de Sergio Marchionne? De fusion, de rapprochement, de restructuration, bien sûr, laissent entendre des «sources au fait des discussions». Sans que l’on sache s’il s’agissait de confidents de ces grands patrons… ou de simples conseillers en fusions-acquisitions payés au pourcentage.

L’heure est à la constitution de nouveaux géants, assurent les financiers

Depuis mercredi, l’ouvrage est remis sur le métier, par le «Financial Times». Avec cette fois l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi dans le rôle du repreneur de Fiat-Chrysler. Et qu’importe si cette conquête doit attendre la transformation – en un conglomérat totalement intégré – d’une alliance franco-nippone qui a pourtant frôlé la crise de nerfs avec l’affaire Ghosn.


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L’heure est à la constitution de nouveaux géants, assurent pourtant les financiers. En cause, la fin d’un eldorado chinois, qui laisse derrière eux ses meilleures années. Mais aussi le carcan sans précédent pour limiter les rejets de CO2 instauré en Europe, devenue terre de tous les dangers aux yeux des patrons du secteur. Tout cela alors que devra être financée une révolution consistant à réinventer le moteur à combustion – ou à l’abandonner. L’heure est donc venue de s’entre-dévorer. Question de survie. Alors, qu’importe si le prix d’achat de ses concurrents atteint des sommets en Bourse. L’histoire récente appelle pourtant à se méfier des prophéties. Qui se souvient encore de DaimlerChrysler? C’était en 1998. La plus grande fusion transfrontalière de l’histoire était justifiée par une autre menace: dans les dix années à venir, le secteur automobile ne compterait que quatre ou cinq conglomérats. Une évolution qui était censée ne laisser aucune chance aussi bien aux constructeurs français (bien trop hexagonaux) qu’au joyau bavarois BMW (bien trop petit). L’aventure germano-américaine a pourtant rapidement viré à la désillusion. Et Chrysler a finalement été abandonnée, exsangue, à un groupe financier en 2007, après le licenciement de près de 15'000 employés.

Créé: 27.03.2019, 21h00

Pierre-Alexandre Sallier, Rubrique Économie

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