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Stop au paternalisme envers les 65 ans et plus

Je me considère comme un quinquagénaire plus ou moins alerte. Pourtant, quand j’effectue une course à peaux de phoque avec le Club alpin suisse, il m’arrive de tirer méchamment la langue. Je me souviens de ce sommet bernois, avec 1400 mètres de dénivelé, où j’ai craché mes poumons dans les derniers mètres. Devant moi, deux skieuses sexagénaire et septuagénaire étaient arrivées comme des fleurs. Leur secret? L’entraînement.

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Tout cela pour dire que l’âge seul ne dit rien sur la condition physique d’une personne. Ni sur la résistance de son système immunitaire face à un virus. Et pourtant le Conseil fédéral et l’Office fédéral de la santé publique ne s’embarrassent pas de nuances. Ils ont décrété que toutes les personnes de 65 ans+ font partie du «groupe à risque». Elles doivent donc rester claquemurées chez elles, se faire aider pour les courses et attendre que le gouvernement lève l’alerte. Comme un vaccin n’est pas attendu avant 2021 au mieux, les seniors dociles vont déguster.

Disons-le franchement: ce paternalisme gouvernemental, qui met tous les aînés dans le même sac, est insupportable. Et totalement arbitraire. Pas besoin de faire du ski pour constater autour de soi que certains septuagénaires «pètent la santé» alors que d’autres souffrent de maladies chroniques handicapantes. Il est donc bienvenu qu’une commission parlementaire demande au Conseil fédéral de supprimer la notion d’âge pour le groupe à risque.

«Comme un vaccin n’est pas attendu avant 2021 au mieux, les seniors dociles vont déguster»

Cette suppression aura aussi l’avantage d’arrêter la stigmatisation imbécile des 65 ans et plus. Car en les décrétant «à risque» le Conseil fédéral renforce, sans le vouloir, l’image d’un troisième âge fragile, qu’il s’agit de protéger à tout prix, même contre son gré. Le résultat? On a vu des aînés se faire insulter par des plus jeunes parce qu’ils avaient l’outrecuidance de se balader en forêt ou de faire leurs courses.

Il ne s’agit pas ici de nier que le taux de mortalité au Covid-19 augmente avec l’âge, notamment après 80 ans. Mais tout le monde sait aussi qu’en temps normal on a plus de risques de mourir à 90 ans qu’à 5 ans. Il faut donc arrêter d’infantiliser les 65 ans et plus. Ils sont assez grands pour savoir ce qui est bon pour eux et pour la société.

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