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La Suisse, notre «backyard» à nous

C’est une expression qu’on utilise à tour de bras. On l’a empruntée aux Anglais, encore. «Not in my backyard», littéralement «pas dans mon arrière-cour», signifie notre capacité à rejeter un projet pour le bien commun lorsqu’il empiète sur nos intérêts privés.

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Elle aurait pourtant pu être typiquement suisse, surtout en matière d’aménagement du territoire et lorsqu’il s’agit de sauvegarder nos paysages. Car dans ce pays grand comme une tête d’épingle on préférerait que nos 25 voisins n’aient pas à nous dire comment gérer notre arrière-cour à nous. Dans l’absolu, c’est vrai. Les Alpes ne sont pas le Plateau. La campagne n’est pas la ville. La banlieue n’est pas le centre. Genève n’est pas Delémont. Lausanne n’est pas Gruyères. Zurich n’est pas Crans-Montana.

Mais il est temps d’admettre la réalité. La protection du paysage est devenue une préoccupation majeure des Suisses – initiatives «extrêmes» ou non. C’est un bien commun. C’est valable pour la préservation des paysages alpins, pour la sauvegarde de nos glaciers, pour les terres agricoles, mais désormais aussi pour l’amélioration de la qualité de vie dans les villes et parfois même simplement pour une question d’identité.

«Quitte à fâcher, Berne doit imprimer des lignes claires. Sinon le peuple s’y substituera»

Pour ne pas abandonner de prérogatives pourtant, on continue souvent de penser qu’on sait mieux gérer cette arrière-cour tout seul. Quitte à construire jusqu’au pied des sommets. À spéculer sur des granges abandonnées et isolées. À les relier par des routes à tour de bras dans les champs. À faire fuir les habitants des villes vers l’extérieur. À troquer maisons villageoises contre quartiers bariolés. À étaler des panneaux solaires dans des friches plutôt que sur des toits.

Un sacro-saint fédéralisme qui a trop longtemps et en trop d’endroits rimé avec laxisme. À l’heure où le territoire se réduit, où les excès sont visibles, il ne peut plus y avoir que quelques principes fédéraux et 26 manières de les appliquer. Quitte à fâcher, Berne doit imprimer des lignes claires. Sinon, et l’histoire l’a déjà montré, le peuple s’y substituera, et de façon plus restrictive. Car notre backyard à nous, qu’on le veuille ou non, c’est ce pays tout entier.

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