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La Suisse doit décider sans menaces

On va devoir voter, à nouveau, sur la fiscalité des bénéfices des entreprises. C’est comme ça. En un an, on sera passé d’un niet national à RIE III, au PF 17, puis désormais à la RFFA (pour réforme fiscale et financement de l’AVS), un objet qui devrait nous être soumis le 19 mai prochain. Le 12 février 2017, le peuple suisse a balayé à près de 60% la suppression des statuts spéciaux pour les multinationales.

Non pas que nous fussions contre cette abolition – où de grands groupes étrangers auraient enfin été taxés à hauteur des sociétés suisses –, mais parce que nous ne comprenions pas ce cadeau fait aux milieux économiques, alors que le citoyen lambda paie de plus en plus de charges et que les Cantons auraient été largement privés de recettes fiscales.

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On va devoir revoter. Or, déjà, on voit se profiler les menaces de l’extérieur. On résume: «Si vous ne votez pas bien, on supprimera définitivement l’équivalence boursière de votre Bourse helvétique. On l’empêchera à jamais d’acheter ou de vendre des actions de sociétés européennes. On va la réduire à n’être plus qu’une corbeille de brousse. Mais gare, c’est que le début. On va surtout vous porter sur la liste noire, celle où l’on y trouve les États terroristes, comme l’Iran, la Russie ou la Syrie.»

«Bruxelles, Washington et autres, cessez de nous menacer»

Nous ne sommes même pas encore entrés en campagne que le fouet est déjà brandi. Beau respect de la démocratie, alors que nous sommes le seul pays où ce débat sur la taxation des entreprises et l’attractivité fiscale, que nous tolérons ou non, a lieu au monde.

Ainsi, le parlement a, à juste titre, lié cette baisse fiscale généralisée à une compensation versée à l’AVS; au versement équivalent de 1 franc «donné» aux entreprises par 1 franc offert à notre retraite. Le Canton de Vaud, dans sa grande sagesse, a approuvé, voici deux ans, cette notion qui postule que la baisse fiscale octroyée aux entreprises a un tribut à payer à la société, pour le coup, verser de l’argent à la petite enfance notamment. Alors, et pour la bonne cause, on prie modestement, mais fermement nos voisins: «Ne nous menacez pas, vous qui êtes loin d’être vierges de toute tentative de dumping fiscal.» On décidera.

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