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La Suisse est dans l’impasse agricole

Composé de patates bio achetées chez le paysan du coin ou de tubercules de grande surface cultivés on ne sait trop où ni comment, le Röstigraben de ce dimanche reste sur l’estomac.

Si les deux initiatives agricoles ont sombré, c’est parce que les Alémaniques ont voté non, contre l’avis des Romands. Ce scrutin ne fait que des perdants.

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Les Verts et Uniterre, c’est évident. Ils prennent une claque dont ils n’avaient pas encore mesuré la violence. Un revers qui pourrait renforcer les velléités d’une certaine droite d’axer l’agriculture suisse vers plus de libéralisme, Johann Schneider-Ammann en tête.

Mais que le ministre de l’Économie se garde de toute euphorie. Ce n’est pas parce que les opposants ont martelé le spectre du protectionnisme que les Suisses se sont réveillés du jour au lendemain favorables à une ouverture totale des frontières. Ce serait vite oublier que sa vision agricole s’est fait sèchement rétamer au Parlement. Et que le puissant lobby paysan lui promet déjà la défaite, lorsqu’il reviendra à la charge.

Quant à tous ceux qui ont dit non par peur du changement, lovés dans l’idée d’une agriculture immuable, ils ont oublié que la branche se trouve à la croisée des chemins. Il n’est pas question de statu quo mais de choix d’avenir. Veut-on de l’huile de palme dans l’accord avec la Malaisie, est-on prêt à mettre sous pression la viande suisse avec le Mercosur?

En votant non, le consommateur décide de ne rien décider. Une forme de schizophrénie, qui fait qu’on peut s’offusquer de scandales alimentaires et environnementaux sans renoncer à se gaver de pâte à tartiner et de plats surgelés.

Mais c’est encore du côté agricole que la pilule est la plus amère.

Ce vote souligne la division qui gangrène la branche, entre l’Union suisse des paysans, plutôt de centre droit, et celle du syndicat Uniterre, plutôt écolo de gauche. Or le vote sur la sécurité alimentaire, l’an dernier, le montre. Unis, les agriculteurs font éclater la barrière de rösti. Aujourd’hui, le problème est qu’ils ne sont même pas d’accord sur la façon de râper la pomme de terre.

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