Thiam impose un virage à 180 degrés à Credit Suisse

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Moins de quatre mois après son entrée en fonction, Tidjane Thiam marque déjà de son empreinte son début de règne. Il vend la gestion de fortune aux Etats-Unis, pousse vers la Pologne et l’Inde les experts de la City de Londres, aplatit les hiérarchies.

Citoyen du monde, le Franco-Ivoirien colle bien à notre époque, multiculturelle et polyglotte. Pour l’heure, il est en état de grâce. On lui pardonne déjà la suppression de 5400 emplois.

Le Barack Obama de la banque a aussi opté pour un choix audacieux, celui de lancer ses conseillers sur les traces des nouvelles fortunes d’Asie. En lâchant ou en rabotant les activités américaines, conquises au prix fort par ses prédécesseurs, le CEO du groupe zurichois opère aussi un virage à 180 degrés.

«Le CEO semble vouloir s’affranchir des marchés anglo-saxons, que l’on croyait incontournables»

Il semble vouloir s’affranchir des marchés anglo-saxons, que l’on croyait incontournables, tout en ménageant ses arrières, la Suisse, où la banque conserve de fortes racines. Ce grand écart entre la poursuite des activités helvétiques, plus modestes, et la conquête des eldorados asiatiques, durera-t-il? Sera-t-il fertile? Réponse dans quelques mois.

En attendant, Tidjane Thiam partira, comme un pèlerin, à la recherche des six milliards de francs qui manquent à la banque pour muscler ses fonds propres. Six milliards? En 2011, Credit Suisse avait déjà dû lever une somme identique. Deux gros actionnaires étaient alors passés à la caisse, le Qatar et le groupe saoudien Olayan.

Ces investisseurs renforcent l’image internationale du groupe zurichois. Et de son chef: d’origine sénégalaise, né en Côte d’Ivoire, Tidjane Thiam a grandi au Maroc. Musulman, il a fréquenté une école tenue par des jésuites. Avant de se frotter aux rites du monde des affaires au sein du consultant Mc Kinsey. Vrai vivier de managers, il les forme pour des tâches précises: gérer des organisations complexes, motiver des employés, convaincre des bailleurs de fonds. Soit le cahier des charges du nouvel homme fort de Credit Suisse.

Créé: 21.10.2015, 22h22

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Roland Rossier, chef de la rubrique Economie (Image: DR)

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