Passer au contenu principal

Au tour des locataires de profiter des taux bas

À la fin des années 80, on pouvait observer l’embrasement du marché immobilier de nos propres yeux: partout, on construisait des surfaces artisanales et de bureaux, certaines même au milieu de quartiers résidentiels dans l’Est lausannois. Pourtant, il ne se créait pas d'entreprises à tour de bras en mesure de remplir ces locaux. Le coup de frein de la Banque nationale suisse pour lutter contre ce phénomène s’est transformé en coup de massue pour l’économie, tombée en récession au début de la décennie suivante, et pour les locataires. Ils se sont retrouvés en moins de deux ans avec des loyers mensuels qui ont bondi de plusieurs centaines de francs alors que la forte hausse du nombre de chômeurs les empêchait d’espérer mieux côté salaires.

«Pas question de voir de sitôt bondir les taux d’intérêt, qui avaient fait si mal dans les années 90»

Trente ans plus tard, on observe un emballement de la construction plus effréné encore. On ne compte plus les grues d’immeubles qui tournent sur tout l’arc lémanique, mais également hors des centres urbains. Pourtant, cette frénésie et la fièvre spéculative sous-jacente cachent une tout autre réalité. L’économie vaudoise s’est largement régénérée et elle reste dans un élan que seuls des éléments extérieurs à la Suisse ou inattendus pourraient couper en cette période. Pas question de voir de sitôt bondir les taux d’intérêt, qui avaient fait si mal dans les années 90. Bien qu’accusée d’aller trop loin dans les taux négatifs, en pénalisant banques et institutions de prévoyance, la BNS n’est pas prête à lâcher l’économie helvétique qui dépend si fort du niveau du franc. Et comme les autres banques centrales ont remis le couvert à la baisse des taux, le scénario de la fin du siècle dernier tient de la fiction.

----------

À lire:Le marché immobilier dans la démesure des taux

----------

À cette époque, quand un locataire se plaignait de la hausse massue des loyers, le propriétaire faisait répondre: que voulez-vous, il faut bien répercuter la hausse des coûts. Depuis lors, malgré la chute de ces mêmes coûts du crédit grâce à la baisse incessante des taux hypothécaires, l’indice des prix des loyers n’a jamais baissé. Sous le joug de la pénurie de logements, qui attise la flambée des prix, la majorité des locataires s’est contentée de faire le poing dans la poche. Avec la détente qui s’amorce sur ce marché, il est temps de mettre sous toit quelques noisettes.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.