Un tourisme doux à prix sec et trébuchant

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Et si la fermeture annoncée du domaine d’Isenau pour une deuxième saison était quelque part une bonne nouvelle? Et si on abandonnait définitivement, malgré la nostalgie évidente que l’on ressent pour ses beaux œufs rouges et ses pistes familiales, l’idée d’y reconstruire un domaine dévolu au ski alpin? C’est un Chablaisien attaché aux Ormonts et au tourisme rentable qui vous pose la question.

Pour comprendre la pertinence de pareille provocation a priori aussi amère qu’un bitter des Diablerets, il faut se rendre sur place et admirer les randonneurs à peaux de phoque qui ont désormais investi l’endroit. Pour monter à l’alpage et redescendre la pente damée par un ratrak. Par amour de cette nature sécurisée bien dans la vogue du tourisme doux qu’on évoque beaucoup mais qu’on ne voit pas toujours suffisamment dans les actes.

Et pour cause, parce que ce même tourisme doux, pour l’instant, rapporte des clopinettes à une station. Qu’ils marchent avec des chaussures, des skis ou des raquettes, ces amateurs d’un jour ont souvent un thermos et des sandwiches dans leur sac à dos. Alors que l’entretien et la conception des parcours qu’ils utilisent coûtent cher.

Entretenir le réseau suisse de chemins de randonnée coûte 53 millions par an

Les statistiques sur le sujet sont rares. Mais, en 2011, Suisse Rando et l’Office fédéral des routes (OFROU) avaient estimé, par exemple, que le maintien d’un réseau de chemins de randonnée pédestre bien entretenu en Suisse coûtait environ 53 millions par an. Quand le val d’Anniviers a reconstruit son mythique bisse des Sarrasins, c’est 1,4 million de francs qu’il a fallu trouver. Et les gens le fréquentent désormais gratuitement.

Depuis des années, les skieurs de fond doivent s’acquitter d’une taxe annuelle couvrant les frais de traçage de piste. Pourquoi, dès lors, ne ferait-on pas payer pour la réalisation, le balisage, la sécurisation de ces parcours. Y compris d’ailleurs pour les via ferrata ou les descentes à VTT. Quitte à ce que ce montant soit déductible si l’amateur consomme un repas ou un lit dans la station et dans la foulée.

On n’en est par exemple pas très loin à Crans-Montana, qui vient d’élargir son rando-parc (15 parcours, 8000 m de dénivelé positif) et en fait payer modestement – une thune – l’accès. En France ou au Québec, l’accès à certains chemins de raquettes est payant. Le début d’une piste, tabernacle? (24 heures)

Créé: 12.01.2018, 20h41

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Claude Ansermoz, rédacteur en chef

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