La valeur universelle du contrat social

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On a pu penser, à une certaine époque, que l’Organisation internationale du travail (OIT) appartenait à ces dinosaures dont on a oublié les origines. Or, il n’en est rien. La 108e conférence de l’OIT, qui s’est ouverte ce lundi à Genève, a retrouvé une pertinence politique que ses fondateurs auraient eu de la peine à imaginer.


Lire aussi: «Il n’y a aucune alternative à un multilatéralisme fort»


Que l’on parle de la justice ou de l’équité sociale, de l’évolution du travail, de l’égalité entre hommes et femmes, du harcèlement ou de la robotique, tous ces enjeux sont au cœur des préoccupations citoyennes. Si en 1919, l’industrialisation battait son plein avec l’émergence de la grande industrie, le monde du travail est aujourd’hui bousculé par l’intelligence artificielle. Il s’ouvre enfin aux aspirations d’égalité des femmes et doit mieux intégrer les millions de travailleurs qui ne sont toujours pas traités en égaux et en individus dignes quand ils signent un contrat.

Le centenaire de l’OIT se déroule dans un environnement hostile, avec le retour du protectionnisme et la tentative de certaines grandes puissances d’échapper à des règles communes et négociées entre partenaires sociaux. Le multilatéralisme, ce mécanisme de débat et d’échange si cher à la Genève internationale, a pu être décrié et même remis en cause.

De l’échec ou du succès des résolutions votées à l’OIT dépend le progrès social au sens large

Mais tout montre qu’il est la seule voie raisonnable pour aplanir les conflits et tempérer la tentation souverainiste de ceux qui nient le principe même d’universalité du droit dans les rapports sociaux et politiques. À Genève, les déclarations ne sont pas des vœux pieux mais des garde-fous pour contenir les conflits et l’ultime recours pour tous les travailleurs qui ne sont pas en mesure de défendre d’égal à égal leur droit à un salaire décent.

De l’échec ou du succès des résolutions votées à l’OIT dépend le progrès social au sens large. Il ne se décrète pas d’en haut mais se négocie par petites touches dans les travées des Nations Unies.

Créé: 11.06.2019, 06h54

Pierre Veya,
Chef de la rubrique Économie

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