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Vaud, le poids des mots, le choc des photos

C’était presque un chef-d’œuvre en péril. Un patrimoine incroyable et oublié que quelques fonctionnaires en quête de place dans des bureaux ont failli tout envoyer à la poubelle il n’y a pas si longtemps.

Remontons dans le temps. Dans les années 30, bien avant les tours en hélico de Yann Arthus-Bertrand, bien avant que chacun prenne de la hauteur numérique avec les drones, caméra à l’appui, Alphonse Kammacher est allé photographier le canton de Vaud depuis son petit biplace. Quelque 3500 clichés sur plaques de verre finalement sauvés. D’abord, paradoxal paradoxe, par un couple de Genevois.

L’histoire est encore plus belle quand, plus tard, un autre fonctionnaire, Jean-Michel Zellweger, redécouvre ce trésor encore trop caché dans les Archives cantonales. Et décide tout seul comme un grand d’aller refaire 1500 clichés dans les mêmes conditions que son aîné. Avec un planeur «avionisé» qui ne consomme que 11 litres d’essence par heure. C’est ce travail qui permet aujourd’hui de mettre côte à côte des images du Pays de Vaud, celles du XXe et du XXIe siècle. Dans un livre né d’une initiative privée, sans soutien institutionnel.

Pour que la population puisse continuer à croître tout en préservant notre nature

En l’occurrence, comparaison n’est pas raison, mais devient souvent déraison. Si les écologistes avaient besoin d’arguments pour mettre en garde contre le mitage et certaines mauvaises habitudes en matière d’aménagement du territoire, ils pourraient s’en servir. Même si, parfois, nécessité démographique fait loi. Comme lorsque, entre Saint-Sulpice et Lausanne, le grenier à blé du canton est devenu une usine à matière grise (l’UNIL, l’EPFL) et à habiter. Il y a bien sûr d’autres coins de pays qui sont presque restés des sanctuaires.

Quelques jours après les assises cantonales du climat, dans cette année 2018 qui a vu nos villes et nos campagnes à nous subir alternativement des sécheresses et des phénomènes de précipitations intenses, ces images parlent donc plus que tous les mots. Mais, aujourd’hui, nous les accompagnons pourtant de texte, pour analyser tout ça. Il est important de dépasser l’esthétisme – d’en haut, tout paraît beau, même la laideur et la pollution – et la surprise d’un œil titillé par des prises de vues et une évolution forcément spectaculaires. Pour décrypter les enjeux démographiques, pour que la population puisse continuer à croître tout en préservant notre nature. On a un bien joli canton. Pourvu que ça dure.

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