Un Vaudois sacré roi de la bulle… dessinée

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Cosey, fin janvier, présidera le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême en Charente, pays du cognac et de Mitterrand. Rappelons que ce raout de «mickeyphiles» est le Cannes du neuvième art ou le Davos de la bulle. L’auteur de Jonathan, du Bouddha d’azur et de Zeke raconte des histoires s’est fait connaître avec Paul Aroïd, un personnage créé tout spécialement pour 24 heures en 1972, année qui a vu la très âgée Feuille d’Avis de Lausanne rajeunir comme jamais sous la houlette de son timonier d’alors, Marcel Pasche. Il était une fois la naissance d’un talent vaudois sur un support papier…

Le Grand Prix du festival (récompense pour l’ensemble d’une œuvre) qui débouche sur la présidence de l’édition à venir est aussi vieux que la manifestation, qui remonte à 1974. Le Belge Franquin (Gaston), l’Américain Will Eisner (Le spirit), le Français René Pellos (Les pieds nickelés), le Belge Jijé (Jerry Spring) et le Français Jean-Marc Reiser (Le gros dégueulasse) ont été les premiers élus. Et puis sont venus 25 Français, non pas d’affilée mais presque car seuls un Italien, Hugo Pratt (Corto Maltese), un Belge, François Schuiten (Les cités obscures), et un Américain, Robert Crumb (La genèse), ont réussi à se hisser sur le podium. Comme si la bande dessinée n’était qu’une affaire hexagonale dans une manifestation proclamée haut et fort internationale. Le soupçon de copinage a enflé jusqu’à éclater comme la grenouille de la fable car le bienheureux était choisi au sein d’un petit aréopage appelé pompeusement l’Académie des Grands Prix. Le vote se pratiquait en secret parmi les anciens lauréats présents à Angoulême et qui daignaient participer à la coterie. Inutile de dire que ça jasait de plus en plus fort dans le landerneau jusqu’à ce que Zep (Titeuf) – ouf un jeune! – décroche le pompon en 2004. Neuf ans plus tard, le mode d’élection se voit chambouler. Enfin. Tous les membres de la profession ayant un livre chez un éditeur francophone peuvent aujourd’hui élire le monarque d’un an dans une liste de 25 auteurs dont les 80% sont choisis par l’organisation du festival et le reste par l’académie. On le voit, la démocratie n’est pas un long fleuve tranquille au pays des phylactères. (24 heures)

Créé: 11.01.2018, 18h52

Michel Rime, rubrique Culture

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