La vérité d’une trajectoire foudroyée

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Michel Platini avait de l’or dans les pieds. Pour en avoir eu un peu trop dans les mains aussi, il est aujourd’hui hors jeu.

Le patron de l’UEFA rêvait de diriger le football mondial à la tête de la FIFA. Il n’a pas trouvé grâce devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Tout juste la plus haute juridiction sportive a-t-elle réduit sa suspension de 6 ans à 4 ans. Une sanction sans appel pour ses années passées dans la lourde mais lucrative pénombre de Sepp Blatter, le boss déchu qui demeure dans le collimateur de la justice.

Une sanction pour ces 2 millions de francs versés par le Valaisan à son prestigieux conseiller français, avec neuf ans de retard, sans contrat sinon verbal: plus qu’une affaire d’escroquerie, ce sont ces petits arrangements entre (ex-)amis que le TAS a fustigés.

«Michel Platini avait de l’or dans les pieds, mais un peu trop dans les mains aussi»

Clap de fin pour Michel Platini, qui poursuivra son combat devant la justice civile helvétique. Il veut laver son honneur, dit vivre une «profonde injustice», mais il n’y a désormais plus qu’une vérité: celle d’une trajectoire exceptionnelle, foudroyée au moment même où elle touchait à son firmament.

Platini n’est ni à plaindre ni à accabler. Complice des dérives de corruption de l’affairisme footeux pour les uns, victime de ses mauvaises fréquentations pour les autres, Platini représente l’avers et le revers d’une même médaille, celle qui représente un système gangrené de toutes les turpitudes.

De savoir si ce gamin de Jœuf – ce fils d’immigrés italiens qui a enchanté tous les terrains avant de vouloir incarner une forme de renouveau en dehors – est coupable, un peu, beaucoup ou pas du tout ne change au fond pas grand-chose. Dans sa manière d’accepter un salaire mirobolant, sans contrat écrit, payable neuf ans après terme, Platini a au mieux fait preuve d’une insouciance désespérante, au pire il a épousé le cynisme ambiant.

Dans les deux cas, on préférera se rappeler l’extraordinaire joueur qu’il a été plutôt que le dirigeant qu’il a tenté de devenir.

Créé: 09.05.2016, 21h40

Daniel Visentini, rubrique Sports

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