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Viktor Orbán, baromètre de l’Europe

Voici un homme qui se représente aux élections ce dimanche avec le sens de l’Histoire et des vents qu’elle fait souffler. Nous sommes en juin 1989, et un jeune prend la parole sur une place de Budapest. Du haut de ses 26 ans, Viktor Orbán exige le départ de l’Armée rouge. Lui qui rêve de voir la Hongrie devenir une démocratie libérale vit dans un pays à la pointe d’une contestation encore à bas bruit du système soviétique. Les douaniers hongrois sont les premiers à ouvrir leur frontière avec le monde extérieur au printemps 1989. La chute du mur de Berlin, elle, ne survient qu’en novembre, faisant éclater au visage du monde entier la déliquescence du bloc de l’Est.

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Viktor Orbán n’entend pas en rester là. La politique l’habite, d’abord dans une version facilement identifiable pour ses homologues européens: il réforme les institutions, libéralise les marchés, purge les scories communistes. Mais trente ans après sa première prise de parole en public et après huit années au pouvoir, il navigue désormais au gré d’un autre vent. Si la Hongrie se porte plutôt bien sur le plan économique, elle est surtout à la pointe des démocraties «illibérales». Le premier ministre lui-même détient la paternité de ce concept, faisant la promotion de valeurs comme l’ordre, la famille et la religion. Il encourage le contrôle de la presse ou la chasse aux «parasites sociaux». Sa dénonciation de la mainmise de Moscou durant la guerre froide s’efface elle aussi peu à peu. Alors que le fond de l’air se fait de plus en plus frais entre Russes et Européens, le dirigeant hongrois invite Vladimir Poutine à lui rendre visite.

«Un front du refus se consolide face à Bruxelles et Viktor Orbán en est sa figure de proue»

De trublion régional, Viktor Orbán se voit propulsé sur la scène mondiale à la faveur d’une violente bourrasque: la crise migratoire en 2015. Premier point de passage pour des centaines de milliers de réfugiés, et outré de l’incurie européenne face à l’ampleur du problème, Budapest ferme ses frontières et se présente en rempart de l’Europe. Le souvenir de 1989 et des douaniers coupant les barbelés s’éloigne. La Pologne, la République tchèque ou la Slovaquie emboîtent le pas de la Hongrie, bientôt suivies de l’Autriche et peut-être, demain, de l’Italie. Désormais, un front du refus se consolide face à Bruxelles: inflexible sur la migration et en profond désaccord avec les valeurs libérales. Sa figure de proue se nomme Viktor Orbán, un homme dont il faut suivre les idées barométriques de près.

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