Le virus du doute est durablement inoculé

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C’est la première fois que je sais aussi clairement ce que je ne ferai pas ces prochains jours. Sans avoir besoin de me demander au préalable si j’en avais envie. Non, je n’irai pas voir LHC – Berne à la Vaudoise aréna; non, je ne paraderai pas aux Brandons de Payerne, ni n’assisterai au «tournant» vert du Salon de l’auto. Je n’irai pas non plus acheter des masques ou des gels désinfectants puisque, de toute façon, il n’y en a plus. Le coronavirus a décidé pour moi.


Lire aussi: Le Coronavirus l’emporte sur la fièvre des Brandons


Est-ce que je lirai les journaux? À l’intérieur même de «24 heures», certains journalistes de la rédaction trouvent que les médias en font trop. Nous y compris. Quand j’ai demandé à une médecin si elle partageait cet avis, elle m’a dit «oui», mais qu’il fallait aussi «bien informer»; tout en admettant être incapable de me dire dans quelle mesure le coronavirus se propageait et tuait plus facilement que sa cousine plus «classique» la grippe.

Alors oui, aujourd’hui, nous basculons dans un monde un peu inconnu. Nourri par la peur de ne pas savoir exactement de quelle nouvelle sera fait le lendemain. Et puis, sur fond de Bourse qui plonge aussi abruptement qu’elle montait de façon déconnectée, on va goûter à un morceau de décroissance forcée. Contraints par des mesures à vivre, un peu, cette peur d’un ennemi viral mal identifié que l’on pensait – pour la plupart des Occidentaux – seulement réservé à la fiction. Pour rappel, Ebola tue 4 personnes sur 10, soit au moins 20 fois plus que Corona. Pour les Africains, dont les morts se comptent aussi par milliers, un virus mortel est une réalité plus qu’un danger potentiel.

Le doute, dans ce monde qui aime bien le frontal, le binaire, est un paradigme difficile à concevoir. Comme le fait que les scientifiques n’ont pas toutes les réponses ou les modifient parfois au fil du temps qui passe, à l’instar des jours supposés d’incubation du Covid-19. Les réalités d’hier ne seront pas forcément celles de demain. Il faudra gérer l’inconnu. Avec calme et transparence. Un peu comme l’ont fait Alain Berset et son sourcil rebelle lors de sa conférence de presse ce vendredi.

On pourra aussi profiter de cette drôle de période qui s’installe pour réfléchir. Non pas pour déterminer que ce virus est une quelconque réponse «spirituelle» ou «éthique» au grand méchant capitalisme ou à l’affreux mondialisme. Les épidémies et pandémies n’ont pas de morale. Mais on pourra toujours s’interroger, par exemple, si notre sino-dépendance par rapport aux objets courants de (sur)consommation ou de médicaments est bien saine. Et d’accepter de payer le prix de certains renoncements. Au cash comme au figuré.

Créé: 28.02.2020, 22h01

Claude Ansermoz, rédacteur en chef

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