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Vivement le jour où le coloriage en violet sera devenu caduc!

Vous vous dites que votre journal a une drôle d’allure, aujourd’hui. Certains lecteurs et lectrices cisgenres en ont sans doute soupé de tous ces sujets balisés en violet qui bourgeonnent dans nos colonnes et sur nos plateformes numériques depuis quelques semaines. Qu’ils prennent leurs mâles en patience! Nous sommes le 14 juin, c’est le jour J. Des femmes de tout le pays – il paraît qu’elles pourraient être plus d’un million et demi – se mobilisent pour leurs droits et leur liberté.

«24 heures», en bon miroir des Vaudois(es), se doit de refléter ce mouvement d’une ampleur sans précédent et, autant que possible, de donner matière à réfléchir. Alors que les rues de nos villes se couvrent de mauve, que des flash mobs, des ateliers d’autodéfense et autres concerts de casseroles antisexistes sont organisés depuis ce vendredi matin aux quatre coins du canton, votre journal du jour est, lui aussi, envahi par les femmes. Il y en a partout, presque à chaque page: en une, en deux, en trois, en quatre, en der… Des jeunes, des vieilles, des vivantes, des mortes, des connues et des nobody.

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Gageons que même sans cette signalétique mauve d’un goût discutable – on se demande au passage pourquoi les féministes ont opté pour cette couleur mièvre, plus évocatrice du monde merveilleux de Barbie ou de Mon petit poney chéri que du vaillant combat pour l’égalité –, nos fidèles et attentifs lecteurs auraient détecté quelque chose de bizarre. Et même, avouons-le, de honteusement inhabituel depuis la naissance du grand quotidien vaudois en 1762.

Oui, le 14 juin 2019, c’est aussi la date idéale pour un bon petit mea culpa médiatique. Combien d’éditions de «24 heures» sans présence féminine digne de ce nom? Ce n’est pas faute d’y être attentif, pourtant. Les femmes, on y pense, à la rédaction, conscients du rôle central que jouent les journalistes dans la transmission du concept d’égalité des sexes et la réduction des stéréotypes. On y pense… puis on oublie, pris dans le feu de l’actualité.

Et c’est ainsi qu’on se retrouve régulièrement, à l’insu de notre plein gré, avec un journal dopé à la testostérone. 75% des personnes mentionnées dans les médias suisses sont des hommes, selon le dernier monitorage mondial des médias. Ce journal ne fait pas exception. Il est temps de tourner la page. Et d’en finir avec les coloriages mauves.

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