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Voyages tus, voyages mal vus

Cent trente-neuf francs pour le transport et 96 euros pour l’hébergement. Ce sont les sommes déboursées par l’État de Vaud pour financer l’escapade à Milan de la conseillère d’État Jacqueline de Quattro. Un voyage organisé par le PLR suisse, en mai 2018. Des peanuts comme disait l’autre. Hormis le fait qu’il serait intéressant de connaître le montant à partir duquel le Conseil d’État juge gênant d’engager de l’argent public pour une excursion partisane, le fond du problème est ailleurs.

«Les pratiques, peu ou pas réglementées, ne sont pas toujours à l’avantage du bien commun»

Le voyage PLR de Jacqueline de Quattro, comme d’autres déplacements effectués par nos édiles, illustre le mélange des genres qui caractérisent notre système politique. La frontière entre officiel et privé y est des plus sinueuses. Les pratiques, peu ou pas réglementées, ne sont pas toujours à l’avantage du bien commun. Il en ressort l’image d’élus n’ayant pas tous bien pris la dimension du mandat public qui leur a été confié.

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Jusqu’à récemment, les déplacements des conseillers d’État se sont faits dans une relative confidentialité. Pour ne pas parler d’opacité. Et c’est bien là que réside le problème. Il aura fallu une demande insistante d’un média, en l’occurrence «24 heures», pour avoir la liste – incomplète – des voyages du gouvernement labellisés comme «officiels» depuis 2012.

L’Exécutif cantonal rappelle qu’il s’est doté, il y a moins d’une année, d’une directive pour cadrer ses voyages et s’astreint tant bien que mal à communiquer. Mais la solution n’est pas un règlement brinquebalant, dont on ne sait pas qui contrôle quoi. Ni d’interdire à nos ministres de voyager, d’ailleurs.

Les conseillers d’État doivent simplement assumer leurs pérégrinations devant les Vaudois. Après tout, ils voyagent en leur nom. Cela passe par la mise en place d’un registre public contenant des informations précises et complètes sur ces déplacements. Le contrôle démocratique pourra ainsi s’exercer correctement.

On serait prêt à parier 139 francs et 96 euros que Jacqueline de Quattro n’aurait pas laissé l’État payer sa virée PLR à Milan si elle avait su que celle-ci deviendrait publique un an plus tard.

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