A propos des migrants, l’EVAM a-t-il assez de moyens?

L'invitéeIsabelle Tasset Vacheyrout, conseillère communale à Gryon, se demande si l'on ne devrait pas encourager davantage le vivre ensemble.

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Le canton finance l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM) à hauteur de 120 millions en 2016. Donc oui, les moyens sont là. Mais au vu de la réalité du terrain, certains seraient à renforcer.

Un bâtiment loué par l’EVAM sur la Riviera pour 73 requérants coûte 550 000 francs de location annuelle. Soit 630 francs par mois par personne. Chaque requérant adulte bénéficie d’un forfait mensuel pour frais médicaux de 433 francs, plus 360 francs pour la nourriture et les vêtements, et jusqu’à 90 francs pour le transport selon le Guide d’assistance 2014. Soit environ 1500 francs par mois pour un adulte seul. Sans compter la formation. Rien de luxueux. Mais rien d’anodin non plus lorsqu’il s’agit de plus de 6000 arrivants.

Loger, soigner, habiller et nourrir: c’est répondre aux besoins de base. Mais il faut aussi garantir une cohabitation réussie. L’exemple de Gryon montre qu’une marge de progrès existe.

L’EVAM y loge 50 à 80 réfugiés dans deux chalets à proximité d’habitations. Durant la belle saison, les cris des enfants, des mères, la musique ont dominé le quartier du lever au coucher du soleil. Les jardins mitoyens servaient régulièrement de raccourci pédestre. Les jeunes, à fond sur leur trottinette, traversaient la route cantonale n’importe où, au risque d’un accident. Lorsqu’ils prenaient le train à crémaillère, c’était un groupe bruyant et agité qui envahissait tout l’espace.

Après neuf mois de diverses protestations, les choses se sont un peu normalisées

Lorsque le train a été remplacé par un bus trop petit et un taxi, ce sont eux qui y étaient assis les premiers, au nez des locaux qui partaient travailler. Lorsque le banc qui trônait devant le salon de coiffure a disparu, c’est au pied du chalet de l’EVAM qu’il a été retrouvé. Lorsqu’un jeune réfugié dort en classe sans réprimande, nos enfants s’interrogent sur un tel traitement de faveur. Sans parler de certains qui vérifient négligemment si les voitures sont bien fermées ou qui empochent des cigarettes, comme en témoignent les caméras des épiceries du village.

Pris un par un, ces faits ne sont pas si graves. Mis bout à bout, cela montre que ces personnes n’ont pas toutes conscience de la notion de tapage nocturne, de discrétion dans l’espace public, de respect du bien d’autrui, de l’importance de l’école, d’obligation de traverser la rue sur les rayures. Après neuf mois de diverses protestations, les choses se sont un peu normalisées, les chalets de l’EVAM ont été clôturés (un grillage étincelant en fer galvanisé!), un interlocuteur communal a été nommé.

Mais les questions demeurent. Existe-t-il un vade-mecum du vivre ensemble? Est-il traduit en farsi, dari, pachto, etc.? Sa portée est-elle bien comprise? L’EVAM doit renforcer ces moyens-là. Il en va d’une intégration bien vécue par tous. (24 heures)

Créé: 06.01.2017, 10h48

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