Ce qui aide vraiment la classe moyenne
L'invitéPierre-Yves Maillard livre ses arguments pour le deuxième tour au Conseil d'Etat.
Quand ceux qui font des promesses électorales ne disent pas qui ils situent exactement dans la classe moyenne, il faut se méfier. Car ce flou conduit le plus souvent à aider en fait les ménages aisés.
Examinons l’option d’une baisse linéaire de la fiscalité, grand classique des promesses électorales. Une baisse massive de 10% du coefficient d’impôt ferait économiser quelques dizaines de francs par mois à une famille de deux adultes et deux enfants qui gagne 8000 francs net par mois, alors qu’elle en rapporterait plusieurs centaines chaque mois à un ménage qui gagne trois fois plus. Résultat: des centaines de millions attribués selon le principe «plus on gagne, plus on reçoit», et rien de substantiel pour la classe moyenne.
Le Parti socialiste a proposé de protéger les ménages contre le fait de payer plus de 10% de son revenu net pour l’assurance-maladie. Cette solution a été intégrée dans le compromis sur la RIE III cantonale, qui par ailleurs règle le problème de la fiscalité des entreprises, et qui entre en vigueur en 2019.
Selon les primes de référence, cette famille de deux adultes et deux enfants qui gagne 8000 francs net par mois paie 1100 francs de primes, largement plus que 10% de son revenu. Elle aura donc droit dès 2019 à environ 300 francs de subsides LAMal par mois, à quoi s’ajouteront des hausses, de 50 francs par enfant, des allocations familiales. Cela fera pour elle une augmentation de revenu de 400 francs par mois.
Une personne seule gagnant 3500 francs net obtiendra, quant à elle, 100 francs de subsides en plus par mois et un couple de retraités gagnant 6000 francs net aura 300 francs de plus par mois. C’est substantiel et ciblé pour la classe moyenne. Et c’est de la justice sociale.
Pour les familles avec des revenus plus élevés liés à une double activité, la décision d’ajouter progressivement 70 millions pour mieux financer l’accueil de jour des enfants soulagera également leur quotidien. Mais une baisse d’impôts ciblée, liée à un renforcement de la déduction fiscale pour les primes LAMal, a aussi été adoptée pour 2019.
La droite veut maintenant aller plus loin. C’est envisageable, mais sans augmenter au passage les impôts des personnes à bas revenu aux prestations complémentaires AVS, comme l’impliquerait son initiative sur ce thème.
On trouvera les solutions. Une chose est sûre: sans l’obligation de négocier née de l’existence de majorités différentes entre Conseil d’Etat et Parlement, jamais de tels projets n’auraient passé au Grand Conseil. Si le peuple maintient l’équilibre actuel, en élisant Béatrice Métraux et Cesla Amarelle, les partis seront contraints de continuer à trouver des solutions concertées. Pour la classe moyenne, et pour l’intérêt général, c’est plus sûr.
Créé: 16.05.2017, 10h49
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