Emmanuel Macron tue la droite après la gauche

La rédactionXavier Alonso met en exergue le naufrage des Républicains au plus bas dans les sondages.

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Il était enlisé dans la crise des «gilets jaunes», il est désormais beau et fringant comme un président difficilement délogeable. Emmanuel Macron a pris des coups, mais il contre-attaque. Cinq débats en bras de chemise avec des maires de France, des élus de proximité, des citoyens, et le président de la République retrouve des couleurs dans les sondages.

Si l’élection avait lieu ces jours, il virerait en tête avec 30% d’intentions de vote (Sondage Ifop pour «Marianne» et «Paris Match»). Soit 7 points de plus que lors de son élection de 2017. Et la concurrence, mis à part Marine Le Pen qui progresse elle aussi jusqu’à 27%, est reléguée, dispersée façon puzzle, comme diraient les Tontons flingueurs. Mais, fait remarquable, en plus de finir le boulot avec un PS anecdotique (6%), c’est le naufrage des Républicains qui interpelle: 8%, c’est ce que pèse Laurent Wauquiez.

En parallèle du Grand débat national, organisé pour sortir de la crise, Emmanuel Macron multiplie les contacts sur le terrain. Il refait du neuf avec du vieux. À la manière du candidat de 2017, il retrouve le goût des gens, de la discussion quasi horizontale avec des accès d’humilité qu’on ne lui connaissait plus depuis vingt mois de résidence élyséenne. «Je n’ai pas la solution révélée!» a-t-il même lancé lors d’un débat en banlieue. Parallèlement à ce nouveau récit du président à l’écoute du pays, il y a un gouvernement qui joue de la matraque, du gaz lacrymo et du flash-ball face aux manifestants des samedis sur les ChampsÉlysées.

La France reste une contrée contradictoire qui glorifie l’insurrection mais n’aime rien tant que l’ordre. Résultat? Quarante pour cent des électeurs de François Fillon en 2017 se rangent désormais derrière Emmanuel Macron. Conséquence immédiate de ce renouveau macroniste, le chef de file des Républicains stagne à 8% d’intentions de vote. Un point de plus que Nicolas Dupont-Aignan et son minuscule parti Debout la France! François Fillon, malgré ses casseroles et ses costumes offerts, avait rassemblé 20% des Français.

Pendant que les héritiers de Gaulle se disputent le pouvoir, sans gouverner la France, Emmanuel Macron applique leur programme

Comment les enfants du gaullisme ont-ils pu se rendre à ce point insignifiants? Comment un parti, qui lors de sa création en 2002, réunissait la plupart des familles de la droite française et pesait 44% du poids électoral, s’est-il rabougri de la sorte? En ce moment, le ton d’Emmanuel Macron, c’est un mélange déconcertant mais efficace entre le Chirac populo et le sévère Pasqua, saint patron des CRS. Son talent, encore une fois, conjugue la chance et un opportunisme habile.

Mais avant tout, la perdition des Républicains est celle d’un parti qui a passé ses vingt dernières années à se battre en duel, à se perdre, s’affronter et se réconcilier insincèrement tout à son assurance que la France était de droite de droit divin. Le passionnant récit de cette «dislocation shakespearienne de la droite française» est raconté ces jours par le quotidien «Le Monde». L’inventaire des trahisons, coups fumants, tricheries et autres menteries est édifiant. Et pendant que les héritiers de Gaulle se disputent le pouvoir, sans gouverner la France, Emmanuel Macron applique leur programme.

Créé: 08.02.2019, 12h53

Xavier Alonso, rédacteur en chef adjoint de la rédaction Tamedia.

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