En Turquie, va-t-on vers des élections ou la guerre civile?

L'invitéMehmet Korkmaz craint que le processus électoral turc soit faussé.

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Le 31 mars 2019 se déroulent des élections en Turquie. Dans le monde entier, les élections signifient un processus démocratique. Pourtant, en Turquie, le résultat est en quelque sorte joué d’avance. À force de manipulations, le pouvoir en place a d’ores et déjà invalidé les droits démocratiques de son peuple.

Pour le président Recep Tayyip Erdogan, toute personne qui n’est pas d’accord avec lui se trouve d’emblée accusée de terrorisme. Il a fait emprisonner Demirtas et Figen Yuksekdag en 2016, qui étaient des députés élus au Conseil national. Il a également déchu du pouvoir des membres d’Exécutifs élus, simplement parce qu’ils ont affirmé leur volonté de lutter pour la démocratie. Combien de députés faudra-t-il encore voir jetés en prison pour faire comprendre ce que vit le peuple en Turquie?

«À force de manipulations, le pouvoir en place a d’ores et déjà invalidé les droits démocratiques de son peuple»

Ces politiciens ne sont pas les seules cibles: les écrivains, les journalistes, les artistes, les étudiants ont également été réduits au silence. Le pouvoir les fait contrôler, les intimide ou alors les arrête sans autre motivation. Il pousse également les patrons à licencier leurs employés lorsque ces derniers ont manifesté trop clairement leur désir de voir les choses changer.

Aujourd’hui, la polarisation extrême empoisonne le peuple: seules les mafias s’en contentent, pendant que les autres subissent chaque jour les effets de ce chantage ignoble.

Le porte-parole d’Erdogan dit que si on ne vote pas pour lui, au 1er avril il y aura une guerre civile. Ces propos sont librement tenus dans les médias, par des ministres en place, à la télévision. Leur but est d’instaurer la peur au sein de la population.

Manipulations de toutes sortes

Pour changer le résultat des élections, les autorités ne reculent devant rien: modification de la loi sur l’élection, manipulation du nombre d’électeurs inscrits dans les différentes adresses. Certains bâtiments voient apparaître, comme par magie, des étages supplémentaires par l’ajout de nouveaux électeurs.

Dans certains lieux retirés, des régions kurdes en particulier, les urnes sont placées très loin des villages et installées dans des postes militaires. Comment les citoyennes et citoyens peuvent-ils se sentir libres de voter sous un regard militaire? Plusieurs partis ont déposé une plainte contre ces pratiques frauduleuses, mais celles-ci n’ont aucun effet.

La cote de popularité d’Erdogan est en baisse. Il n’est plus qu’à 35% de soutien. Que va-t-il se passer à l’avenir? Le peuple se bat pour la démocratie, mais avec un président qui change les règles en permanence, tout est incertain. Le peuple a besoin du soutien de la communauté internationale pour soutenir son droit à la démocratie. Si on n’y arrive pas, cela atteindra le monde entier, car Erdogan ne va pas arrêter son besoin de toute-puissance à la frontière turque.

Créé: 07.03.2019, 06h54

Mehmet Korkmaz, conseiller communal POP, Renens.

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