La noce à Thomas de Bruno Corthésy

L'invitéPierre Frey revient sur la protection du patrimoine dans le canton.

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La tribune de Bruno Corthésy laisse entendre qu’il y aurait en matière de protection du patrimoine, d’un côté des bons qui protègent et de l’autre des méchants qui vandalisent. Pascal Broulis est désigné comme méchant. Tout va bien, la Noce à Thomas peut commencer!

Le problème est que cette vision est partielle et trompeuse. La dérive est ancienne, près de 40 ans. Le recensement architectural, toutes périodes confondues, a été réalisé de manière incohérente, sans méthodologie, sans intelligence et en laissant trop de pouvoir aux Communes. Celles et ceux qui ont attribué une note 2 à la morne remise des locomotives de la gare en ont fourni une démonstration flagrante. Ce bâtiment industriel avait été construit selon les méthodes les plus banales et selon une structure standard à l’époque. Certains éléments de la structure m’ont fait penser d’ailleurs à des réemplois, courants dans les pratiques de construction des installations ferroviaires. L’unique élément singulier, un dispositif de traitement des fumées, avait disparu au moment où la note d’inventaire a été attribuée! En somme, il n’y avait rien à protéger, mais on voulait protéger le pouvoir de protéger.

Pour autant, la procédure par laquelle la Canton a imposé sa démolition a été indigne et elle a, de recours en recours, nécessité au moins autant de temps qu’une révision de la note et un retrait de ce bâtiment de la liste des objets dignes de protection.

Plus généralement, le canton a confié le poste de Conservateur des monuments à un architecte, or cette formation ne prépare pas aux tâches d’un tel poste, en aucune façon. Le résultat n’a pas été surprenant, le Conservateur dispensait des conseils d’architecte, se profilait en rivalité, en auteur de contre-projets.

Le canton confie des «expertises» «monuments historiques» et fait vivre se faisant une cohorte d’experts dévoués. La compétence nominale de ces gens n’est pas en cause de façon flagrante et généralisée, mais leur dépendance structurelle en tant qu’offreurs de service, nombreux face à un seul client, le SIPAL (Service immeubles, patrimoine et logistique) fait de leur indépendance un leurre. Du coup, ils se cramponnent à la vertu et au caractère prétendument scientifique du «document», mais se montrent généralement incapables de véritables recommandations. Je le sais, j’ai été en son temps, radié de la liste des mandataires pour avoir écrit que la tour Bel-Air «n’était certes pas un monument d’art et d’architecture, mais un monument d’histoire».

Les associations de protection du patrimoine, sont sujettes à une forme insidieuse de syndrome catatonique, sans doute déterminé par la moyenne d’âge de leurs adhérents. Leurs actions sont invisibles, tardives ou velléitaires.

Comment, dans ce contexte, reprocher à Pascal Broulis de faire ce pour quoi il est payé: exercer le pouvoir? (24 heures)

Créé: 13.02.2018, 17h04

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