La visite des mages, un dialogue interreligieux!

L'invitéLe pasteur Claude Schwab évoque le message de l’Épiphanie

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Trois petits tours et puis s’en vont… Au début de son évangile Matthieu a placé de manière emblématique le récit de la visite des «mages venus d’Orient». Qui sont-ils? Combien sont-ils? Quelles sont leurs croyances?

La légende se développera au cours des siècles pour aboutir à ce 6 janvier, fête des Rois, identifiés sous les noms de Melchior, Gaspard et Balthazar. Ce qui est certain, c’est que l’évangéliste a voulu d’entrée mettre en scène l’hommage des peuples païens et de leurs sages (probablement astrologues) non pas à un puissant mais à un enfant.

C’est ainsi le premier dialogue interreligieux de l’ère chrétienne. Et il se caractérise par deux traits qui constituent l’essentiel des religions: le silence et l’offrande. Matthieu ne met aucune parole dans la bouche de ces visiteurs… et évidemment encore moins dans celle du nouveau-né. Une religion est d’abord méditation en silence. Le mystère s’approche avec respect et humilité, loin des grands discours, des constructions dogmatiques, des textes normatifs ou des justifications. Un nouveau-né ne peut être accueilli que par l’admiration, ce regard porté sur une vie donnée et unique.

«Jésus n’a pas été un juif fanatique, hanté par une fidélité aveugle à la lettre de la tradition»

Matthieu évoque les trois présents apportés par les visiteurs, où la tradition a repéré une dimension prophétique: l’or pour marquer l’adoration envers un roi, l’encens pour s’élever vers sa divinité et la myrrhe pour adoucir ses souffrances. Mais derrière ces éléments, c’est l’essence de toute religion qui apparaît: ce que l’on appelait autrefois l’oblation, le don de soi à une divinité, une cause… ou à un enfant.

Un enfant qui, devenu grand, suscitera l’étonnement, la vénération ou la haine. Jésus n’a pas été un juif fanatique, hanté par une fidélité aveugle à la lettre de la tradition. Il a pris des libertés en frayant avec des Romains, en citant en exemple des Samaritains, dont la religion était méprisée, en renversant les schémas qui établissent des hiérarchies entre les humains ou entre les croyances.

Le prochain n’est ni supérieur ni inférieur, il est autre. Une religion n’est ni la meilleure, ni la pire, elle est. Hélas, elle peut être magnifiée contre les autres, instrumentalisée par des intérêts politiques, économiques, nationalistes ou identitaires. Et tout dialogue doit identifier ces dérives et dénoncer les abus que l’on commet au nom d’un absolu érigé de manière exclusive.

Si je crois que ma religion est supérieure à celle d’un autre, je n’ai rien compris au message évangélique qui rappelle que le plus petit est le plus grand. Vérité exprimée aussi dans ce sutra bouddhiste: «L’homme qui se juge supérieur, inférieur ou même égal à un autre homme ne comprend pas la réalité». Dans le dialogue, on ne change pas l’autre, mais on se découvre soi-même. (24 heures)

Créé: 31.12.2014, 11h42

Claude Schwab

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