Les robots, des amis sympas ou des tueurs d’emplois?

L'invitéOlivier Feller s'intéresse aux effets du développement de l’intelligence artificielle.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Personne ne peut nier que les robots nous facilitent le travail et la vie. Avec le développement de l’intelligence artificielle, ils sont même devenus des compagnons indispensables, jusque dans nos loisirs. Sous cet angle-là, un robot, c’est sympa, ça fait le boulot en nous procurant moins de fatigue ou plus de temps libre.

La robotisation de la société pourrait pourtant avoir des conséquences moins réjouissantes. L’étude de deux chercheurs de l’Université d’Oxford lançait déjà l’alerte en 2013. Elle montrait que 47% des emplois américains étaient exposés à être remplacés par des robots ou de l’intelligence artificielle d’ici à 2033, c’est-à-dire dans 15 ans. Quarante-sept pour cent de tous les emplois mais, par exemple, jusqu’à 99% des jobs de caissières ou de courtiers d’assurances.

Bien entendu, de nombreuses nouvelles professions sont susceptibles d’apparaître avec le développement des nouvelles technologies, de l’informatique à la biotechnologie, et de se substituer sur le marché de l’emploi aux métiers remplacés par des robots.

Mais il y a plusieurs risques. Le premier, c’est que les nouveaux emplois ne soient pas aussi nombreux que les anciens. Le deuxième problème, c’est que ces nouveaux emplois exigeront davantage de créativité et de flexibilité que de nombreux emplois actuels. Même si les caissières et les caissiers ont la possibilité de se former à un autre emploi, il n’est pas certain que la quarantaine venue, ils en aient tous vraiment l’envie et la force psychologique. Surtout si, au rythme de l’évolution actuelle, c’est pour devoir se réinventer une nouvelle fois dix ans plus tard.

«Ce n’est pas seulement l’avenir de nos assurances sociales qui est en jeu, mais l’avenir même du lien social et de la démocratie»

Yuval Noah Harari, l’auteur de plusieurs récents best-sellers, le souligne dans son livre «Homo Deus, une brève histoire du futur». Au XXIe siècle, écrit-il, nous pourrions bien assister à la formation d’une nouvelle classe massive de chômeurs: des gens déclassés, qui se sentiraient inutiles, sans aucune valeur économique ou politique reconnue. Il ne s’agirait pas de quelques dizaines de milliers de personnes mais d’un phénomène de masse, d’une masse de gens qui seraient inemployés parce qu’ils seraient inemployables.

Dans cette perspective, ce n’est pas seulement l’avenir de nos assurances sociales qui est en jeu, mais l’avenir même du lien social et de la démocratie. Nous devons donc agir à temps pour faire face à ce nouveau défi. Non seulement la formation de tous les salariés doit être adaptée à la transition numérique mais celle de tous les élèves doit être repensée pour les confronter directement au développement d’outils numériques.

Comme le disait récemment le journal «Le Monde», nous avons besoin «d’acteurs maîtrisant ces technologies, et pas d’esclaves de ces technologies.» À nous d’y veiller. (24 heures)

Créé: 21.12.2018, 06h57

Olivier Feller, conseiller national PLR.

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.