Nous sommes tous concernés par le déclin des oiseaux

L'invitéFrançois Turrian, directeur romand de BirdLife Suisse.

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Ainsi, le déclin des oiseaux est confirmé par plusieurs études en Europe et en Suisse (voir «24 heures» du 24 mars dernier). Ce qui inquiète les chercheurs, c’est que désormais, ce sont des oiseaux autrefois très fréquents qui se sont raréfiés dans des proportions parfois considérables.

Alouettes, hirondelles, moineaux et d’autres passereaux jusqu’ici considérés comme des exemples d’adaptation aux activités humaines ont vu leurs effectifs chuter dans un laps de temps très court. L’Europe a ainsi perdu 421 millions d’oiseaux en trente ans, constat publié dans le journal scientifique «Ecology Letters». La disparition de populations entières d’oiseaux préfigure la détérioration des écosystèmes et des services qu’ils nous rendent.

Chaîne alimentaire rompue

Les oiseaux des milieux cultivés sont les plus nombreux à souffrir. La faute à des politiques agricoles trop axées sur la productivité, en Europe comme en Suisse. Les pesticides ont fait disparaître les insectes, maillons essentiels des chaînes alimentaires et source de nourriture pour la majorité des espèces.

Notre avifaune ne trouve plus assez d’habitats comme les haies, les jachères de qualité ou les prairies extensives. Les nichées des oiseaux des prés ne parviennent pas à échapper aux faucheuses qui œuvrent de plus en plus tôt, suite à l’apparition des engrais synthétiques et à la pratique de l’ensilage.

Le risque d’une extinction massive des espèces a encore été évoqué par le récent sommet de la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).

«On a l’impression que le navire biodiversité prend l’eau de toute part et que le Conseil fédéral cherche à écoper avec une petite cuillère»

Devant ce constat, le citoyen peut agir à son niveau: semer des fleurs et planter des arbustes indigènes sur son balcon ou dans son jardin, faire confiance aux produits alimentaires de saison labellisés, soutenir les associations de protection de la nature ou encore écrire à ses autorités communales ou aux députés de sa région pour les rendre attentifs que la préservation de notre nature doit devenir une priorité dans les décisions des collectivités.

BirdLife attend des gouvernements fédéraux et cantonaux un engagement à la mesure du défi; hélas, pour l’instant, on a l’impression que le navire biodiversité prend l’eau de toute part et que le Conseil fédéral cherche à écoper avec une petite cuillère. En témoigne le peu ambitieux plan d’action biodiversité publié l’an dernier par l’Office fédéral de l’environnement dans une indifférence polie. Pourtant, qu’on le veuille ou non, l’homme est dans le même bateau que l’alouette, l’hirondelle ou le moineau. (24 heures)

Créé: 18.04.2018, 18h07

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