Pour progresser, cherchons l’égalité, pas la supériorité

L'invitéeLucie Rochat rappelle l'origine du droit de vote féminin dans le canton.

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Le 1er février 1959, le canton de Vaud entrait dans l’histoire du suffrage féminin suisse. La motion à l’origine de ce vote historique émane d’un député PAI, Charles Bettens, et les femmes UDC sont fières d’appartenir au parti qui est à l’origine du droit de vote féminin vaudois. Mais cette proposition agrarienne a aussi reçu un large soutien d’une grande majorité du Grand Conseil et de la population féminine vaudoise.

D’août à novembre 1945, le bureau du Grand Conseil reçoit pas moins de trente courriers issus d’associations féminines qui recommandent l’adoption des conclusions de la motion Bettens sur le suffrage féminin. On y trouve des femmes de tous les milieux et de toutes les régions, de l’Association agricole des femmes vaudoises à la Section vaudoise des femmes universitaires en passant par la Ligue des femmes catholiques, d’Aigle à Nyon en passant par Moudon.

Plus encore qu’une victoire des femmes, le suffrage féminin vaudois est la victoire d’une collaboration réussie entre femmes et hommes; ces derniers sont en effet les premiers Suisses à s’être montrés majoritairement capables d’entendre la revendication légitime des femmes, de la présenter devant le parlement et de la soutenir dans les urnes. Il est la victoire d’une collaboration réussie entre plusieurs tendances politiques, souvent opposées, mais qui n’ont pas craint de s’unir derrière une cause novatrice et légitime.

«Il ne s’agit pas de défendre les femmes seules, mais tous ceux qui sont victimes d’inégalité»

Les femmes UDC sont sensibles à cette harmonie sociale. Elles sont conscientes que ce n’est pas en se dressant les uns contre les autres que les idées peuvent progresser. L’égalité salariale, pour prendre un des thèmes les plus porteurs de la lutte féminine aujourd’hui, n’est pas un souci de femmes, elle est le souci de tous. Et l’égalité ne doit pas être unilatérale; il ne s’agit pas de défendre les femmes seules, mais tous ceux qui sont victimes d’inégalité, quel que soit leur genre.

Le Parti socialiste prétend défendre l’égalité et réclame des quotas mais il ne craint pas de présenter une quatrième femme pour un quatrième poste de gauche au sein du gouvernement vaudois. Cette attitude est d’une incohérence criante. De même le manifeste pour la grève des femmes du 14 juin prochain affirme: «Nous voulons que nos différences soient reconnues et que l’égalité soit garantie pour toutes, c’est-à-dire pour toute personne qui n’est pas un homme «cisgenre» (soit un homme qui se reconnaît dans le genre qui lui a été assigné à la naissance).» Un engagement pour l’égalité qui exclut certaines personnes ou qui cherche à avantager les femmes n’est plus un engagement pour l’égalité et s’éloigne cruellement de l’esprit de collaboration qui a pu conduire au vote historique du 1er février 1959.

Rendons un vibrant hommage aux hommes et aux femmes qui, à la suite du député PAI Charles Bettens, ont su nous donner une vraie leçon de collaboration et de considération mutuelle.

(24 heures)

Créé: 20.02.2019, 06h43

Lucie Rochat, présidente des Femmes UDC romandes.

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