S’engager pour le climat, c’est bon pour la santé

L'invitéAlain Frei salue l'entrée du corps médical dans la lutte pour une planète viable.

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Freiner le plus rapidement possible le réchauffement climatique et l’effondrement du vivant, c’est au premier chef un défi sanitaire sans précédent. Car si l’urgence climatique et écologique inquiète à ce point, c’est parce que plus nous procrastinons, plus les conditions de vie seront difficiles et délétères pour la santé de tous les humains en plus de celle de tous les êtres vivants.

Ne nous leurrons pas: les plages de nos lacs agréablement ombragées par des forêts de palmiers ne relèvent que d’une illusion de paradis. Contrairement à ce que certains prétendent, ce constat n’est pas à visée gratuitement apocalyptique. Oui, il faut avoir peur, mais de cette peur physiologique, bénéfique, qui nous alerte d’un danger pour y pallier à défaut de pouvoir l’éviter. L’autruche est piètre politicienne.

Désormais, le corps médical rejoint à son tour le mouvement en faveur d’une planète viable. À nouveau sous l’impulsion des jeunes, les médecins-assistants en formation, un forum de haut vol sur le sujet s’est tenu au CHUV le 11 décembre dernier; il réunissait soignants et médecins, infirmières, ergothérapeutes et professeurs de médecine, témoignant d’un engagement fort, autant sur le plan de la pédagogie scientifique qu’au sein de différentes associations.

«Le meilleur moyen pour ne pas sombrer dans le défaitisme, c’est de participer à des actions en groupes»

L’heure était à la gravité autant qu’à la détermination, à la lucidité et à une dose d’«humour solidaire». Il a été relevé avec pertinence que le meilleur moyen pour ne pas sombrer dans le défaitisme, voire le stress prétraumatique, c’est de participer à des actions en groupes partageant les mêmes valeurs et préoccupations.

Il n’est évidemment pas du ressort de la médecine de «traiter la planète», mais elle doit se préparer à soigner au mieux des maladies que l’on connaît pour la plupart mais progressivement plus fréquentes, les soignants n’en étant eux-mêmes pas immuns.

Pour éviter ou retarder ces échéances, le corps médical est aussi invité, comme nous tous, à modifier ou doser ses comportements, individuels et corporatifs, en matière de dépassement des ressources planétaires. Se préoccuper de notre environnement c’est prendre soin de nous qui ne faisons qu’un avec ce dernier.

Au bénéfice d’une bonne réputation, les médecins peuvent se manifester publiquement pour informer et faire pression sur les apathiques, à commencer par leurs collègues et une majorité de politiciens empêtrés dans les idéologies alors que les faits sont dépourvus de couleurs partisanes. C’est ce qu’ont fait une soixantaine de soignants, médecins et professeurs le 14 décembre en rejoignant la manifestation d’Extinction Rebellion au centre de Lausanne.

Il convient d’être attentifs à leur geste; c’est un signal peu banal et, à condition d’être suivi, c’est bon pour la santé.

Créé: 15.01.2020, 06h47

Dr Alain Frei, membre des Grands-Parents pour le Climat.

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