Tout le monde a le droit d’avoir de bonnes dents

L'invitéStéphane Montangero défend l'initiative sur les soins dentaires et le contre-projet du Conseil d'Etat.

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Les «sans dents»: quelques cyniques ont désigné ainsi les personnes pauvres qui n’ont pas les moyens de soigner leurs dents et finissent par les perdre toutes. L’initiative «Pour le remboursement des soins dentaires» entend remédier à ce problème, tout comme le contre-projet du Conseil d’Etat vaudois. Celui-ci est attaqué frontalement par les mêmes milieux qui, lors de la création de la LAMal ont refusé d’y inclure les soins dentaires, en première ligne Mme Amstein (24 heures du 26 avril), le qualifiant d’«arbitraire» et de «mort-né», à cause de la modeste taxe sur les boissons sucrées.

Pourtant, cette source de financement est parfaitement réaliste à l’échelle de notre canton. Taxer spécifiquement les boissons sucrées fait sens d’un point de vue de santé publique: les énormes teneurs en sucre (environ douze morceaux de sucre pour un demi-litre de soda), souvent combinées à une forte acidité (risques accrus d’érosion dentaire), constituent un véritable fléau pour les dents, en particulier des jeunes consommateurs, sans parler des problèmes d’obésité et de diabète, fléaux reconnus mondialement.

Vaud suivrait en ce sens les pays pionniers (Mexique, Belgique, Norvège, France, Etats-Unis, etc.) qui connaissent d’énormes problèmes d’obésité de leur population, des jeunes en particulier. Cette méthode est aussi réalisable à une échelle locale: la petite ville américaine de Berkeley (110 000 hab.) collecte 50 cents sur chaque litre de soda distribué sur son territoire, avec peu de moyens administratifs et une procédure d’annonce simple pour les détaillants.

Des taxes similaires ont été acceptées à Philadelphie et à San Francisco en 2016. Par ailleurs, Vaud pratique déjà ce type de taxe pour les boissons alcoolisées à l’emporter (taxe de 2% du chiffre d’affaires moyen réalisé des deux dernières années). Et contrairement à ce qu’affirme Mme Amstein, il est juridiquement envisageable de taxer des entreprises même si elles sont établies dans un autre canton, pour autant que leur activité produise des effets sur sol vaudois.

Quant au prétendu tourisme d’achat des sodas, il ferait rire, si le problème de ces achats n’était pas si sérieux pour nos commerces. Tout cela parce que les milieux économiques refusent dogmatiquement des prestations dentaires au bénéfice d’une grande partie de la population vaudoise: examens dentaires gratuits pour les enfants scolarisés, remboursement de 50% des soins jusqu’à 18 ans ou encore prévention renforcée pour les personnes âgées suivies par les soins à domicile ou en EMS.

Reste une chose: avoir de bonnes dents est une des conditions de base à une bonne santé, qui permet d’endiguer les coûts de celle-ci. Cela vaut bien une canette de soda payée maximum 10 centimes de plus, non?

Créé: 23.05.2017, 11h06

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