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Accident nucléaire majeur en Suisse: que faire face au risque?

Fabienne Freymond Cantone s'interroge sur les mesures prises par l’Office fédéral de la protection de la population.

Un accident dans l’une des quatre centrales nucléaires suisses provoquerait l’irradiation de millions de personnes, des dizaines de milliers de cancers et de maladies cardiovasculaires, et l’impossibilité de cultiver des milliers de kilomètres carrés devenus radioactifs.

Voilà le résultat d’une étude très intéressante publiée le 21 mai dernier*. Un spécialiste de sciences de l’environnement, un médecin, un météorologue et des géomaticiens se sont associés pour simuler les effets d’un accident nucléaire majeur dans l’une des quatre centrales suisses. Les conclusions font froid dans le dos. L’impact sanitaire et environnemental serait catastrophique. Il faut aussi imaginer le chaos que cela générerait, avec des centaines de milliers, si ce n’est des millions de réfugiés, selon la direction du vent le jour de l’accident.

La Suisse est un petit pays: un problème majeur dans l’une des quatre centrales, sans oublier celle du Bugey, en France voisine, pourrait rendre plusieurs cantons inhabitables, couper le pays en deux, le déstabiliser politiquement de manière profonde et durable.

Tout cela est du domaine du possible, étant donné que cela est déjà arrivé en Ukraine et au Japon, et que la vie de nos centrales nucléaires est prolongée au-delà des trente ans prévus à l’origine. Avec chaque année qui passe, les risques d’accident augmentent. La vieille installation de Beznau est exploitée depuis cinquante ans! Municipale, je constate que toutes les Communes de notre canton ne sont pas préparées à une gestion de crise majeure. Par ailleurs, notre système fédéral rend la coordination entre Cantons plus complexe que dans un état centralisé. Pourtant, les conséquences d’un accident nucléaire dépasseraient bien évidemment les frontières cantonales!

«Donner de la voix pour sortir du nucléaire, vraiment, et relancer le débat sur le calendrier de démantèlement de nos centrales»

Enfin, en tant qu’élue, je me demande quelles sont les mesures prises par l’Office fédéral de la protection de la population pour faire face à ces risques nouvellement évalués. Pour l’heure, elles me paraissent tout à fait insuffisantes!

Les jeunes et les moins jeunes qui défilent dans nos villes pour laisser les ressources fossiles sous terre disent qu’il faut rompre avec l’inertie des autorités. Ils ont raison, il faut donner de la voix pour sortir du nucléaire, vraiment, et relancer le débat sur le calendrier de démantèlement de nos centrales.

En parallèle, il faut réévaluer les risques que nous prenons avec nos centrales vieillissantes, et nous préparer, à tous les niveaux de pouvoir, à faire face à un accident majeur. L’existence même de notre pays en dépend.

* Institut Biosphère, «Étude sur la vulnérabilité de la Suisse en cas d’accident nucléaire majeur sur le territoire national», Dr Frédéric-Paul Piguet, étude réalisée sur mandat de l’association Sortir du Nucléaire

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