Agir avant l’implosion des coûts de la santé

L'invitéRené Knüsel réfléchit à la place prise par les services de soins dans notre pays.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Jusqu’à quel niveau de dérive parviendra notre système de soins? Les dépenses consenties pour son financement ont approché les 81 milliards l’an dernier. Sa part au produit intérieur brut s’élève à quelque 12,2%. La facture s’annonce plus salée à chaque automne et les premières estimations pour les augmentations attendues en 2019 confirment la tendance de ces dernières années.

Ce montant, élevé, contribue au financement d’un secteur économique dynamique, large pourvoyeur d’emplois, tant dans le domaine privé que public. Il y aurait toutefois lieu de réfléchir à la place prise par les services de soins au sein de nos sociétés développées. La complexité du dispositif et l’importance des intérêts engagés grippent le système et freinent toute velléité de réforme.

«Les dépenses moyennes pour le maintien de la santé approchent 10'000 francs par année et habitant»

Un pays riche comme la Suisse peut se payer le luxe du déploiement et des redondances d’un système progressivement mis en place, sans cohérence et vue d’ensemble. Il n’en va cependant pas ainsi pour l’ensemble des habitants du pays. Les dépenses moyennes pour le maintien de la santé approchent 10'000 francs par année et habitant. Plus de 62% de cette somme est à la charge des ménages sous forme de contribution directe ou via les cotisations à l’assurance-maladie. Aucun pays développé ne met pareillement les ménages à contribution.

Les pouvoirs publics soutiennent plus d’un Romand sur quatre, aide qui naturellement grève les budgets des collectivités cantonales et fédérale. Plusieurs cantons songent d’ailleurs à diminuer le nombre de bénéficiaires pour réduire le montant des subsides versés.

Population exclue du système

La situation qui en résulte devient paradoxale, voire schizophrénique. Une part croissante de la population se voit privée d’accès aux soins en raison du tarif d’entrée élevé, fait de participation aux frais et de franchise. Contraintes de trouver des alternatives à un système de soins dispendieux, ces populations sont pourtant en devoir de financer chaque année un montant supérieur de cotisation à une assurance qu’elles ne peuvent solliciter.

Même si les pouvoirs publics sont amenés à plus contribuer, c’est clairement un transfert de charges sur les ménages qui est à l’origine de cette impasse. Le système de soins est sophistiqué, les compétences sont là, mais l’accès au dispositif n’est possible que pour une partie limitée de la population. Il ne s’agit pas d’un système à deux vitesses, mais bien d’un mécanisme d’exclusion.

Toutes les propositions de réforme visant un changement dans le financement de l’assurance-maladie ont été refusées. La solution réside pourtant bien dans la mise sur pied d’un nouveau dispositif, plus équitable, moins entravant et plus transparent. Les prémices pour une rupture radicale posées, la question est de savoir quand et comment cela adviendra. (24 heures)

Créé: 25.06.2018, 22h08

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

René Knüsel, politologue.

Comparatif de prix

Avec notre service de comparaison, vous trouverez l'assurance maladie appropriée.
comparer maintenant

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.