Agir, en Suisse, avant qu’il ne soit trop tard

L'invitéeVania Alleva, la nouvelle présidente d'Unia, tire la sonnette d'alarme: la BNS doit remplir son mandat de stabilité et il est impératif de sauver les accords bilatéraux.

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Par sa propre faute, la Suisse s’enfonce dans la récession. Actuellement, des centaines d’entreprises préparent une délocalisation. Si cela se concrétise, des dizaines de milliers d’emplois disparaîtront.

A force de penser à leurs avantages immédiats, les élites bourgeoises de l’économie et de la politique utilisent la crise afin d’imposer des mesures de démantèlement social et de déréglementation. Les associations patronales réclament des milliards de cadeaux fiscaux, tout en faisant l’impasse sur les problèmes qui nous guettent.

Le premier défi est celui de la surévaluation du franc. Il ne peut être résolu en prolongeant la durée du travail, en «réduisant la bureaucratie» ou par d’autres mesures cosmétiques. Il n’y a ici qu’une solution possible: il faut que le franc soit protégé contre la spéculation. La BNS doit de toute urgence revenir sur son erreur monumentale d’avoir abandonné le cours plancher du franc face à l’euro. Des entrepreneurs et des experts sont aussi de plus en plus nombreux à s’en rendre compte.

La BNS ne peut prendre le prétexte de son indépendance pour rester les bras croisés. Elle doit remplir son mandat de stabilité.

Le second défi réside dans la poursuite des accords bilatéraux et donc de nos relations réglementées avec l’Europe. La fin des accords bilatéraux aurait des conséquences dramatiques notamment pour l’emploi, pour la coopération en matière de recherche et de formation et pour la lutte contre le dumping salarial. Nous avons besoin des accords bilatéraux. La Suisse ne doit pas devenir un second Monaco, un paradis pour les riches, sans industrie, recherche ni culture, et qui se fiche des droits humains.

Les contingents et de nouvelles discriminations comme le statut de saisonnier ne sont en rien une solution. Il faut au contraire des mesures plus strictes pour protéger nos salaires et nos conditions de travail, ainsi qu’une nouvelle votation populaire sur nos relations avec l’UE.

Enfin, nous devons de toute urgence rétablir l’équilibre social. Entre les disparités salariales et la précarisation des conditions de travail, les inégalités ont pris des proportions dangereuses dans notre pays. Pour cette raison, il est exclu de faire davantage de cadeaux fiscaux lors de la troisième réforme de l’imposition des entreprises. Au contraire, nous devons renforcer les institutions qui contribuent à un meilleur équilibre social, à commencer par l’AVS.

Nous ne pouvons pas attendre les prochaines élections pour nous attaquer à ces problèmes urgents. Sans une action déterminée et immédiate, la Suisse se trouvera dans une voie sans issue, dont les salariés pâtiront.

Créé: 23.06.2015, 16h34

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