L’agriculture consciente de ses devoirs envers les animaux

L'invité Luc Thomas, directeur de Prométerre, revient sur la question pour faire suite à l'affaire des porcheries.

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L’affaire des porcheries qui a récemment défrayé la chronique a pour effet, au-delà des problèmes spécifiques qu’elle a révélé, d’alimenter le débat sur le mode de détention des animaux de rente et plus fondamentalement sur les rapports entre l’homme et l’animal. En effet, des courants de pensées inspirés par l’animalisme, l’antispécisme ou le véganisme remettent en cause non seulement certaines conditions d’élevage mais également le principe même d’une détention animale à des fins économiques.

Il faut probablement voir là l’un des effets de l’évolution de notre société dans son rapport avec l’animalité, lequel se limite toujours davantage aux seuls animaux de compagnie, de plus en plus choyés et traités affectivement comme des membres à part entière de la famille. Il n’est qu’à voir la progression fulgurante des affaires réalisées dans le pet food et les autres prestations de soins destinées à cette catégorie d’animaux.

Dans ce climat d’anthropomorphisme, il est utile de rappeler que l’animal n’est pourtant pas l’égal de l’homme. S’il l’était, nous serions alors des animaux comme les autres, en conséquence de quoi nous n’aurions pas de considérations morales à avoir à l’égard des autres espèces et devrions nous comporter comme les animaux se comportent entre eux, sans se soucier de leur bien-être ou de leurs droits. Il n’y aurait alors tout simplement pas matière à débattre de ces questions.

Ce refus de l’égalitarisme entre êtres vivants ne signifie toutefois pas que celles et ceux qui, dans l’agriculture, sont en charge d’animaux domestiques ne se sentent pas des devoirs à leur égard. Au contraire, il est dans la nature profonde du paysan de respecter le bétail dont il a la charge en pourvoyant de manière correcte à ses besoins, et cela depuis bien avant que la détention des animaux soit réglementée comme elle l’est actuellement.

Dans notre pays, la protection des animaux de rente est assurée par un ensemble de règles définies par des éthologues indépendants du monde agricole. Ces règles visent à garantir à chaque espèce des conditions de vie conformes à leurs impératifs biologiques. A ces exigences de base, pour la plupart plus contraignantes qu’à l’étranger, s’ajoutent des programmes volontaires comprenant des normes plus exigeantes encore, notamment en ce qui concerne les sorties en plein air.

Ces programmes sont suivis, selon les espèces, par 60 à 80% des détenteurs de bétail. Parler dans ces conditions, à partir de quelques dérapages malheureux, d’une agriculture qui maltraite les animaux procède d’une volonté de nuire manifeste. La cause animale mérite mieux que des extrémistes prêts à jeter l’opprobre sur les éleveurs, sans nuance et sans considération quant à leur propre condition d’existence.

(24 heures)

Créé: 11.09.2017, 17h03

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