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L’anesthésie des médecines complémentaires au CHUV

Le Dr Vibert déplore des changements intervenant dans la formation des futurs médecins.

En 2009, la population suisse a massivement voté un nouvel article constitutionnel demandant la prise en compte des médecines complémentaires. Un volet du texte était de garantir l’enseignement. Or le fossé se creuse entre la volonté populaire et les réalités institutionnelles.

Jusqu’au printemps 2018, un médecin en formation ne recevait, sur l’ensemble de son cursus, que six heures de cours obligatoires pour toutes les médecines complémentaires. Les étudiants pouvaient aussi suivre un cours à option de trente-six heures en troisième année d’études.

Ce cours rencontrait, depuis huit ans, un vif succès. Un grand panel de médecines complémentaires y était présenté par des praticiens expérimentés et actifs sur le terrain: une opportunité unique pour les étudiants de découvrir certaines médecines complémentaires largement utilisées par plus de 65% des Suisses.

«Sous prétexte d’exigences scientifiques, on manipule la volonté populaire et les fonds publics»

Les lenteurs de développement de ce domaine au CHUV ont participé au départ du médecin responsable du Centre de médecine intégrative et complémentaire. La réaction au choc de son départ fut l’octroi de nouveaux fonds ainsi que la création d’un poste de rang professoral en cours d’être repourvu. Entre-temps, c’est le service d’antalgie du CHUV qui a hérité de la gestion de l’enseignement.

Le chamboulement n’a pas tardé, avec notamment la suppression de l’approche de la médecine anthroposophique, l’une des quatre médecines admises l’an passé dans l’assurance de base. D’autres changements sont aussi incompréhensibles: on confie à un professeur de lettres l’enseignement du yoga et de la médecine ayurvédique, tout en supprimant le cours de pédiatrie intégrative ou de naturopathie. Le nombre d’étudiants pouvant participer à ces cours a baissé drastiquement, passant de 30 à 20, donc moins de possibilités d’être informés.

Absence de consultation

Ce remaniement des cours s’est de plus fait sans consultation de la commission des médecines complémentaires du CHUV. La séance de commission de novembre a été annulée «faute de sujets à traiter»… Pire, toutes ces modifications ont eu lieu avant même que le nouveau professeur soit nommé et puisse donner sa propre impulsion.

Toute cette manipulation tend à dissimuler le non-respect de la volonté populaire de 2009 ainsi que de la mission véritable des fonds publics attribués, pour ne monter qu’un décor de théâtre, avec un profil d’annonce du poste de professeur sur mesure afin de fermer la porte à des candidatures d’envergure.

Sous prétexte d’exigences scientifiques, on manipule la volonté populaire et les fonds publics. C’est inacceptable, la liberté académique ne saurait justifier l’arbitraire académique. Que le CHUV se rappelle que le développement des médecines complémentaires est le fruit non d’une volonté propre à l’institution, mais d’un article constitutionnel voté par le peuple qu’on ne saurait anesthésier.

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