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Assurance maladie: les ménages dindon de la farce

René Knüsel déplore que les assurés soient toujours davantage mis à contribution.

Une corrélation peut sans doute être établie entre la proximité des élections fédérales et l’importance de l’augmentation des cotisations à l’assurance maladie. La hausse des primes annoncée est faible et les élections auront lieu en 2019!

Pour justifier les hausses, il est régulièrement question du nombre de prestations, d’actes accomplis, du prix des médicaments surfait, du revenu des médecins, etc. En revanche, il est fait peu de cas du transfert de charges existant entre les différents bailleurs de fonds. Tout juste est-il parfois question de la position des cantons qui sont juges et parties. Lorsque le débat porte sur la hausse des coûts et des cotisations, ce sont les assurés qui sont montrés du doigt.

«Ce système est devenu particulièrement inique pour une partie croissante de la population»

Une réalité doit pourtant mieux être mise en évidence: la part assumée directement par les ménages. Ces derniers supportent une partie croissante des dépenses globales pour les soins. Ils paient directement 24 milliards sur un total de 80, soit un tiers. Cette part tend par ailleurs à augmenter. De 2012 à 2016, l’accroissement des charges des ménages a été de 5% alors que la part de l’État s’est accrue de 0,4% (OFS).

La facture des dépenses consacrées aux soins de santé augmente, mais la répartition entre les différentes sources de financement tend à mettre toujours plus à contribution les ménages privés. Il y a clairement un transfert de charges au détriment de l’assuré, qui assume proportionnellement une part accrue d’une facture qui par ailleurs augmente globalement. Ce transfert de charges est particulièrement inéquitable, puisqu’il affecte de façon identique tous les ménages, aisés comme défavorisés.

La classe moyenne asphyxiée

C’est une des raisons pour lesquelles la «classe moyenne» se sent de plus en plus asphyxiée par les charges à assumer directement et indirectement. La Suisse est, en comparaison internationale, le pays dans lequel le ménage est le plus mis à contribution. Aucun des pays entrant dans la comparaison de l’OCDE ne sollicite autant ses citoyens. Même les États-Unis demandent un effort nettement inférieur.

Si les coûts des soins augmentent en Suisse comme ailleurs, les disparités dans les contributions demandées aux différents acteurs sont crasses. Les deux tiers de la facture totale des soins sont assumés par les ménages directement ou par le biais de leurs cotisations à l’assurance obligatoire.

L’origine de l’étranglement d’une partie des ménages est donc moins à chercher dans la hausse des coûts que dans la manière dont ils sont mis à contribution. L’assurance maladie a perdu une grande partie de ses vertus sociales. Elle appauvrit les ménages aux budgets fragiles par une augmentation continue de dépenses incompressibles. Ce système est devenu particulièrement inique pour une partie croissante de la population.

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