Les assurances veulent-elles nous tuer?

L’invitéRomain Pilloud, conseiller communal, vice-président du Parti socialiste Montreux.

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Le 29 avril dernier, la «SonntagsZeitung» nous apprenait qu’un patient hospitalisé à Coire venait de décéder, faute d’un suivi médical suffisant; son assurance (ÖKK) l’avait placé sur liste noire et ne lui remboursait pas un traitement vital qui coûtait quelque 1600 francs par mois à l’assuré.

Hélas, la situation est bien connue: les assurances compliquent la vie des patients «mauvais risques» pour leur rembourser un minimum de frais, et les parlementaires de droite à Berne sont payés par les assureurs pour défendre leurs intérêts en lieu et place des intérêts de la population.

Les assurances ont aussi franchi un cap dans l’indécence en proposant divers modèles pour changer la LAMal afin d’économiser des coûts. La CSS propose une franchise à 10 000 francs, et Assura aimerait faire payer au patient l’entier des frais des petites consultations, et ce sans franchise. Ces deux «solutions» ont un aspect commun: c’est un coup de massue pour les classes moyenne et populaire qui sont à bout de souffle. Si vous êtes endetté, aux études, retraité pauvre ou famille monoparentale, notez que vous n’aurez bientôt plus la possibilité d’aller consulter pour un souci de santé. Parfois, il pourra y avoir des complications liées à une absence de prise en charge. Sans check-up et sans contrôle en cas de suspicion de maladie, vous risquez de perdre un temps précieux pour commencer un traitement. Il n’est aujourd’hui déjà plus exagéré de dire que la politique menée par la majorité bourgeoise du parlement et les assurances entraîne les patients dans un système à deux vitesses dans lequel les uns vivent bien car ils en ont les moyens, alors que les autres souffrent dans l’indifférence du système de santé, où l’on n’est plus «patient» mais «client». «Business is business»… même si cela entraîne un décès.

Aujourd’hui, il faut s’engager et soutenir les idées et initiatives qui fonctionnent: une meilleure prévention auprès des patients, un accès universel aux soins peu importe votre âge ou votre revenu, une interdiction pour les élus de siéger dans un conseil d’administration d’assurance, des caisses publiques cantonales afin de mieux contrôler les coûts, des subsides aux primes d’assurance-maladie pour la classe moyenne (c’est le cas en terres vaudoises), une baisse des prix des médicaments, un meilleur cadrage des prestations surfacturées, une révision du catalogue TARMED et une lutte contre l’implantation de cabinets spécialisés dans des domaines ou des zones géographiques où l’on n’en a pas besoin.

À l’heure actuelle, ce sont les assurances et les grandes entreprises pharmaceutiques qui mènent la danse. Mais l’engagement citoyen peut faire évoluer la situation. Et vous, avez-vous signé pour des caisses publiques cantonales ou contre la présence d’élus dans les conseils d’administration des assurances? (24 heures)

Créé: 13.05.2018, 20h17

Romain Pilloud, Conseiller communal, vice-président du Parti socialiste Montreux

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