L'automatisation est une chance de protéger les travailleurs

L'invitéJean Christophe Schwaab est favorable à l'innovation et liste une série de mesures à prendre en faveur des salariés.

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L’automatisation et la robotisation de l’économie suscitent des inquiétudes légitimes: des millions d’emplois, y compris très qualifiés, seraient menacés. Les travailleurs s’interrogent: que vais-je devenir si mes compétences si durement acquises sont rendues obsolètes par un robot plus fiable que moi? Ces craintes ne sont pas nouvelles: aux débuts de la Révolution industrielle, des ouvriers détruisaient des machines qu’ils accusaient de leur prendre leur travail.

Disons-le tout net: nous n’arrêterons pas le progrès technique. Et nous ne devons surtout pas l’arrêter. Notre pays a trop besoin d’innovation. Notre succès est dû notamment à des entreprises qui se positionnent toujours à la pointe du progrès, quitte à se réinventer sans cesse. Si l’économie helvétique ne rate pas le train de la robotisation, elle créera de nouveau emplois. En effet, jusqu’ici, toutes les mutations vers une plus grande automatisation ont débouché sur un solde d’emplois positif.

Mais il ne faut pas que ce bouleversement laisse les travailleurs sur le carreau. On ne peut pas passer leurs destins par pertes et profits aux prétextes qu’on n’arrête pas le progrès et que les emplois détruits seront recréés ailleurs, car nombreux seront ceux qui ne retrouveront pas de travail. Le Parlement a timidement empoigné le sujet, en acceptant un postulat de mon collègue Mathias Reynard (PS/VS) qui demande une analyse des conséquences de l’automatisation sur l’emploi.

Il faut veiller à ce que l’automatisation ne laisse personne en rade

Voici les réponses qu’il convient, à mon avis, d’apporter pour garantir que cette évolution ne laisse personne sur le carreau. Il faut d’abord un vrai droit à la formation continue pour tous les salariés, indépendamment de leur âge et de leur niveau de formation. L’employeur doit accorder suffisamment de temps à celui qui souhaite se former pour rester à la page. Il doit aussi avoir une véritable obligation de préparer ses employés aux évolutions technologiques.

Les efforts des branches les plus concernées doivent être soutenus par la collectivité. Il faut ensuite une assurance-chômage qui forme et recycle au lieu d’exiger des chômeurs qu’ils acceptent le premier emploi «convenable» venu, même s’il réduit leurs chances à long terme de rester sur le marché du travail. Toute personne au chômage devrait donc pouvoir commencer une nouvelle formation, même si sa durée dépasse son droit aux indemnités journalières.

Il est par ailleurs indispensable de renforcer les droits de participation des salariés: leur employeur doit les informer des évolutions technologiques et afin qu’ils proposent les mesures qui, selon eux, leur permettront de s’y adapter. En outre, la protection contre le licenciement des travailleurs âgés doit être renforcée. Enfin, il convient de combler les lacunes du filet social pour les chômeurs âgés, en instaurant dans tout le pays les «rentes-ponts» qui font leurs preuves dans notre canton.

(24 heures)

Créé: 15.01.2016, 16h10

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