Passer au contenu principal

L’avènement des «super-infirmières»

Joanie Pellet nous parle des difficultés de la recherche en sciences infirmières.

Depuis quelques années, certaines infirmières ont choisi de panser moins pour penser plus. Penser et même chercher.

Mais chercher quoi? Son clip à sonde vésicale? L’urinal pour le monsieur de la 301? Ou la reconnaissance pour son travail? Bien que ce type de recherche fasse partie du quotidien de la majorité des infirmières, il est question ici d’une quête d’un tout autre ordre; la recherche en sciences infirmières.

L’arrivée des infirmières de pratique dite «avancée» permet de faire la lumière sur une spécialité de recherche restée dans l’ombre de celle des médecins. Loin des laboratoires, la recherche en sciences infirmières s’intéresse à des problématiques directement issues du terrain. La recherche est une des compétences acquises par les infirmières formées en master à l’Institut universitaire de formation et de recherche en soins à Lausanne. Une fois sur le terrain, ces «super-infirmières» occupent un rôle essentiel dans le développement et la diffusion du savoir, en vulgarisant et en rendant accessibles les travaux de recherche pour leurs collègues des services.

Loin de se cantonner au rôle d’appendice de sa cousine médicale, la recherche infirmière contribue à la complémentarité des savoirs. En effet, la «multidimensionnalité» de la santé ne peut être l’objet que d’une seule science.

Mais l’opacité qui caractérise la recherche infirmière aux yeux d’un public non-initié jette un flou sur sa substance.

La reconnaissance des travaux de recherche passe par la publication d’articles dans des revues scientifiques spécialisées. Passons le fait que ces revues soient bien moins cotées que celles des médecins, elles restent surtout peu accessibles pour les milieux cliniques, premiers concernés par la «transférabilité» de ces résultats dans leur pratique.

Alors qu’il faut attendre 17 ans entre le moment où la meilleure pratique de soins est préconisée par les études et son implantation sur le terrain, on saisit plus aisément l’importance des «super-infirmières» pour faciliter et accélérer le transfert de connaissances de la recherche à la pratique.

La pratique issue des résultats de recherche peut répondre à de nombreux défis de nos systèmes de santé. Mais pour produire ces résultats, elle doit être d’avantage visible et encouragée.

Les freins qui persistent, notamment au niveau du financement et de l’autonomie des infirmières qui mènent des recherches, doivent être levés. Depuis tant d’années que les infirmières revendiquent un autre statut que celui d’exécutantes, combien de temps vont-elles encore laisser à d’autres sciences des recherches qui guident leur propre discipline?

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.