Un bel emballage, mais au contenu très coûteux

L'invitéGuy-Philippe Bolay plaide pour le refus des initiatives alimentaires.

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Qui n’a pas envie de manger une nourriture de qualité, produite dans de bonnes conditions? Ce sont les arguments que font miroiter les auteurs de deux initiatives soumises au vote le 23 septembre. Mais ce que l’on découvre dans le bel emballage est tout sauf réjouissant. Les consommateurs, les entreprises et les agriculteurs risquent de le payer très cher.

Les deux initiatives veulent fixer dans la Constitution de nouveaux principes pour notre politique agricole. Rappelons que nous venons de le faire, il y a tout juste une année, en approuvant le nouvel article sur la sécurité alimentaire.

«La Suisse serait très mal avisée de se lancer sur cette voie»

L’initiative sur les aliments équitables précise les principes auxquels l’alimentation doit répondre en Suisse, avec des exigences pour la production et la transformation. Jusque-là, rien à dire. En revanche, elle souligne que les produits étrangers doivent au moins répondre aux mêmes exigences et c’est là que les ennuis commencent.

Comment et de quel droit la Suisse peut-elle définir ce qui est «équitable» ou pas à 1000 ou 10'000 km de chez elle, et cela pour tous les aliments que nous importons? Rappelons que la moitié de notre nourriture provient d’ailleurs. Ensuite, il faudra pouvoir le vérifier avec un appareil de contrôle qui coûtera très cher pour une efficacité plus que douteuse. Quant aux produits qui n’entrent pas dans le cadre, ils ne devraient simplement plus passer la frontière

La Suisse serait très mal avisée de se lancer sur cette voie qui mènera inéluctablement à des difficultés, voire des mesures de rétorsion, avec les pays dont nous rejetterions les produits agricoles. Qu’est-ce qui les empêcherait de fixer ce qui est «équitable» pour la production de montres et de machines, puis de rejeter ce qui n’y correspondrait pas?

Dans une impasse

L’initiative sur la souveraineté alimentaire a au moins le mérite d’être encore plus claire. Tout ce qui n’est pas produit comme en Suisse devrait être taxé ou interdit. En plus, la Confédération devrait renforcer ses interventions financières et réglementaires dans l’agriculture. Sans parler de la création «d’organisations paysannes» qui seraient chargées de définir ce qu’il faudrait produire. On se croirait revenu quarante ans en arrière, voire à la période collectiviste, dont les échecs ont été aussi nombreux que fracassants.

Partant de bonnes intentions, ces deux initiatives nous entraînent dans une impasse. Si elles sont acceptées, les consommateurs le paieront cher, par une hausse du prix des produits et une limitation du choix. Alors que les Suisses achètent déjà pour 10 milliards de francs à l’étranger, le tourisme d’achat augmentera encore davantage.

L’agriculture n’a rien à y gagner car la réglementation, déjà pléthorique, se renforcera. Plus largement, ces deux textes font peser un sérieux risque sur notre économie et nos exportations, dont la Suisse, rappelons-le, tire une bonne partie de sa prospérité. 2 x NON à ces initiatives inutiles et coûteuses. (24 heures)

Créé: 11.09.2018, 23h55

Guy-Philippe Bolay, directeur adjoint de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) et député.

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