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Des blablas dans notre dos

Le réseau social Facebook est un outil formidable, qui permet à l’humanité d’avancer. Si, si! Grâce à lui, on a par exemple découvert qu’il arrive que des gens parlent d’autres personnes sans que ces dernières soient au courant. Et plus dingue encore, que ces gens disent parfois des choses pas très jolies. On ne sait pas précisément quoi, mais c’est sûr, c’est extrêmement méchant.

Pour se venger, l’internaute blessé choisit alors parfois une méthode terrible. Faisant fi de toute pitié, il affiche sur sa page des messages subtils et mesurés comme: «Les vipères ne font pas toutes frrrr. J’en connais aussi qui disent: salut, ça va ?» Ou: «Moi, je ne souhaite pas de bonnes Fêtes aux gens qui te souhaitent du bonheur trois jours par année et te pissent dessus le reste du temps!»

Les conséquences sont immédiates. À quelque part, derrière son écran ou en consultant son smartphone, la connaissance médisante est prise d’effroi: «Mon Dieu, c’est vrai, jeudi passé j’ai dit à Pierre (ndlr: nom pas connu de la rédaction) que X avait de drôles de goûts vestimentaires.» Voire (attention sujet explosif): «Ouh là là, que je suis mauvais. Je n’aurais jamais dû dire à Pierre (ndlr: décidément!) que X ne sait vraiment pas éduquer ses enfants!»

Instantanément, le coupable de ces propos évidemment totalement injustifiés est pris de remords. En général, il fonce chez l’internaute blessé à distance pour venir se répandre en excuses contrites. Parfois, il rédige un texte poignant de repentir, qu’il transmet par mail ou par lettre manuscrite s’il fait partie des derniers romantic vintages. Plus rarement, il s’empare d’un martinet, se flagelle en public et publie la vidéo sur internet pour montrer au monde entier à quel point il regrette ses propos.

Ou pas. Ce qui se passe généralement est que la totalité des gens voyant passer le message sur Facebook ne savent absolument pas à quoi il fait référence. Et de surcroît s’en contrefichent comme de leur première chemise. Quant à l’auteur des propos – pour autant qu’il aperçoive lui aussi le message –, il ne fera très certainement jamais le lien avec ce qu’il a dit.

Résultat, dans la vraie vie (pas celle qui défile sur un écran), tout le monde continuera à parler de et avec tout le monde, parfois en disant du mal. Parce que c’est juste normal. Quant au message vengeur posté sur le réseau social, il va être stocké pour l’éternité dans des serveurs en Alaska, en grillant patiemment kWh après kWh. Seul point positif, l’opération fait un sujet pour un gratte-papier en manque d’inspiration. On vit une époque formidable, non?

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