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Blandine, Sylvain, Kevin... les voix de la Fête sont éternelles

A priori, il n’y a pas de raison pour que Blandine Charles, psychologue pour l’Église catholique, personne de contact pour l’évêque à propos des cas d’abus, abrite deux armaillis dans sa maison familiale de La Tour-de-Peilz. À part qu’elle est aussi chanteuse professionnelle, qu’elle était en 1999 la voix de Palès dans l’arène, cheffe des Bacchantes et des Colombines, et qu’en découvrant une annonce Facebook il y a quelques semaines, elle s’est dit qu’elle pourrait se rendre utile. L’annonce disait que deux armaillis cherchaient pour la durée de la Fête une chambre double avec salle de bains.

Voilà donc Sylvain Egger, de Vuadens, et Kevin Uldry, de Romanens, deux des onze voix tant appréciées, qui prennent ce matin-là le petit-déjeuner avec Blandine et les siens. On est dans le jardin, et les deux solistes voient arriver le 11 août, la dernière représentation, avec nostalgie. Sylvain sait qu’il va affronter une certaine tristesse: «C’est tellement incroyable, ce qui nous est arrivé. On était partis pour vingt spectacles, il n’en reste plus qu’une poignée, et tout à coup ce sera fini.» Kevin, qui est du Chœur mixte de Sâles et aussi, avec Sylvain, du Chœur des armaillis de la Gruyère, redoute le moment où le quotidien va redevenir normal, «où on ne fera plus ce qu’on veut, comme on veut».

Ils sourient, car ils savent aussi qu’à la maison, leur famille les attend, et que tout plein de rendez-vous vont leur être proposés. C’est qu’ils sont sollicités sans cesse: «Les spectateurs sont émerveillés de nous approcher, ils sont fiers pour nous, ils nous photographient, nous expliquent combien ils sont heureux d’avoir retrouvé la vraie mélodie du «Ranz des vaches». Avant, on avait déjà des demandes pour aller chanter ici et là, mais avec la Fête, c’est passé à un autre rythme. On nous veut les onze – on est vraiment bien ensemble – ou quelques-uns, mais on nous veut. Il y a deux ans, on a créé un quintet, l’Amitié chantante, pour les jours où le Chœur des armaillis ne pouvait pas répondre présent. On verra ce qui nous attend!»

Blandine, elle, salue le défi relevé par les deux solistes: «S’adapter à la bande-son, il faut le faire.» Kevin est d’accord: «Dans les oreilles, on a le rythme, la bande-son, la musique de fond, les instructions, c’est un vrai bal musette!» Blandine se rappelle les défis de 1999: «Il fallait avoir la foi pour aller jusqu’au bout avec les Bacchantes, qui n’étaient pas des personnes issues de chœurs. Il me reste le souvenir d’une belle ambiance, d’une grande fatigue, mais surtout de certaines musiques et du splendide texte de François Debluë que je pourrais rechanter maintenant.» Blandine évoque un autre détail qui n’en est pas un: «En 1999, les Bacchantes prenaient le pouvoir sur les vignerons de l’automne, c’était dense, physique, et c’était le vœu de François Rochaix, le metteur en scène, qui était choqué par le machisme ambiant. Son esprit annonçait un certain changement de mentalité!»

Dans les rues de La Tour-de-Peilz, des gens se demandaient depuis trois semaines où se rendaient, à pied, les deux armaillis solistes dans leur beau costume. Ils allaient, tout simplement, rencontrer une autre voix de la Fête. Et dans vingt ans, eux aussi évoqueront un peu, beaucoup, passionnément ce merveilleux trac qu’ils ressentirent dans l’arène de 2019 quand ils lâchaient les premières syllabes de leur chant sublime.

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