La BNS fait son coming out

CommentaireLa vénérable institution, peu connue pour parler sentiments, évoque le «courage» et la «peur», lors d'une conférence de presse extraordinaire revenant sur sa décision d'abandonner le taux de change plancher

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Du jamais vu de la part de la Banque nationale suisse (BNS). Son triumvirat, emmené par l'immense Thomas Jordan, a employé des mots nouveaux pour elle («peur», «courage») et a fait des sourires en coin, ce jeudi matin lors d'une conférence de presse extraordinaire, visiblement soulagé de pouvoir enfin s'expliquer de tout son long sur les points encore non éclaircis de sa décision du 15 janvier dernier de lever le taux de change plancher.

C'est donc à des technocrates humains, presque joyeux, auxquels ont eu affaire les médias lors d'une session marathon de questions-réponses de plus d'une heure. Une véritable révolution !

Décision difficile

Tout à la fin, le francophone Jean-Pierre Danthine, un des trois membres du directoire, sur le départ, a trouvé les mots les plus justes pour parler de cette mesure aux conséquences retentissantes.

«Le 15 janvier était sûrement un jour particulier, marqué par une décision extrême, difficile, validée depuis lors par l'évolution de la situation», a synthétisé le Belge.

Comme pour se prévaloir de passer pour un sentimental, Thomas Jordan a rappelé qu'il «faut vraiment garder la tête froide pour prendre les bonnes décisions de politique monétaire».

Institut indépendant

Et pour rappeler que la BNS est un institut indépendant, et fier de l'être, le président du directoire a rajouté que la banque centrale suisse «n'a jamais eu peur que son bilan atteignent plusieurs fois la création de richesse de la Suisse, ni de réaliser des pertes, et pas non plus de ne plus pouvoir verser une participation au bénéfice (habituellement d'un milliard, à la Confédération et aux cantons)».

«La seule chose qui comptait, c'était que les moyens employés, soit racheter des euros pour des centaines de milliards de francs, n'étaient tout simplement plus adaptés à l'objectif poursuivi», a résumé pour sa part Thomas Jordan.

Taux négatifs pour la Confédération et les cantons?

Maintenant, la BNS va s'exposer à une nouvelle volée de bois vert, car elle envisage «de resserrer le nombre d'institutions et d'entreprises qui ne sont pas touchées par le taux d'intérêt négatif».

Thomas Jordan n'a pas exclu que la Confédération et les cantons payent aussi à leur tour des taux d'intérêts négatifs sur leurs comptes de virements à la Banque nationale suisse. Il faudra peut-être une autre conférence de presse extraordinaire pour recoller ces pots cassés-là!

Créé: 19.03.2015, 13h05

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